Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a réaffirmé la priorité de son gouvernement à construire davantage de logements abordables et à combattre le changement climatique, en conservant notamment la taxe carbone provinciale, samedi, à Victoria, à l’occasion d’un congrès du Nouveau Parti démocratique (NPD) de la province.

David Eby a affirmé qu’il fera tout son possible pour combattre la crise du logement, devant les 700 délégués du parti réunis à la capitale provinciale cette fin de semaine pour débattre de leurs politiques et de leur stratégie, en vue des élections provinciales de 2024.

Tout le monde sait que pouvoir s’offrir un logement décent, c’est la base pour se construire une bonne vie, mais ce n’est pas accessible à beaucoup trop de monde dans notre province, a soutenu le premier ministre.

Je vais vous dire une chose : je me réveille tous les matins en me demandant ce qu’on peut faire, quelles étapes on peut mettre en place pour combattre la crise du logement.

Le gouvernement néo-démocrate a récemment proposé différentes mesures et projets de loi pour limiter les locations à court terme, renforcer la densification urbaine près des transports en commun, et accélérer la construction de multilogements.

David Eby estime que davantage de logements commencent à être disponibles sur le marché grâce aux barrières sur les locations à court terme, mais que bien plus de temps sera nécessaire pour mettre un frein à la crise du logement.

Il devrait y avoir un prix sur la pollution carbone

Le premier ministre de la Colombie-Britannique maintient également sa position sur la taxe carbone, un enjeu qui sera important lors des prochaines élections provinciales.

L’opposition officielle du parti BC United s’est déjà engagée à retirer cette taxe sur la pollution, qui représente environ 16 centimes par litre d’essence, si le Parti conservateur du Canada remporte les prochaines élections fédérales.

Le foyer qui reste d'une maison brûlée par un feu de forêt, l'été 2023, en Colombie-Britannique.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique dit qu’il est essentiel de lutter contre les changements climatiques, alors que la Colombie-Britannique a vécu en 2023 la pire saison de feux de forêt de son histoire.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

La Colombie-Britannique est un précurseur en matière de taxe carbone au Canada. Elle dispose de son propre programme provincial de taxation, à la différence de la majorité des autres provinces et territoires, qui sont soumis à une taxe fédérale.

Récemment, l’annonce d’Ottawa de retirer la taxe carbone pour les maisons chauffées au mazout a toutefois suscité maintes réactions dans la province. Nous ne voulons pas faire ce que le gouvernement fédéral a fait, c’est-à-dire protéger un certain type de chauffage, a affirmé David Eby.

Nous pensons qu’il devrait y avoir un prix sur la pollution carbone.

Le premier ministre a rappelé que la province a été ravagée par les feux de forêt, les inondations et les glissements de terrain, et qu’il était crucial de lutter contre le changement climatique.

Le coût de l’inaction, c’est notre maison, nos communautés, la voie vers les feux de forêt. Ce sont nos récoltes, nos fermes, à risque d’être inondées. Ce sont nos enfants qui risquent de perdre la nature qui les entourent. Ils paieront le prix, et cet endroit ne sera jamais plus le même.

La femme de David Eby, Cailey Lynch, a d’ailleurs annoncé qu’elle attendait son troisième enfant, en introduisant son mari au Congrès, samedi. Nous ne pouvons pas nous permettre d’échouer, a renchéri David Eby.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique est largement soutenu par les délégués du NPD, qui lui ont accordé leur appui à 93,1 % à l’issue d’un vote de confiance tenu samedi.

Protestation contre l’extraction gazière

À l’extérieur du congrès, des manifestants ont de leur côté fait part de leur mécontentement par rapport à la gestion environnementale du gouvernement néo-démocrate.

Environ 250 protestataires ont appelé le NPD à mettre fin à la fracturation hydraulique, un processus d’extraction du gaz naturel.

Malgré les garanties du premier ministre a lutté contre le changement climatique, ils ont clamé que les exploitations gazières toujours en cours alimentent les désastres météorologiques, tels les feux de forêt et les inondations.

Avec les informations de La Presse canadienne



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