Blâmée pour sa négligence en lien avec les dépenses excessives engagées par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) depuis sa nomination en février 2022, la grande patronne de l’organisme, Isabelle Beaulieu, est officiellement destituée.

Le conseil municipal s’est prononcé mardi en faveur de sa destitution, que la mairesse Valérie Plante avait évoquée pour la première fois vendredi dernier.

Le mandat de Mme Beaulieu sera résilié pour faute grave à la suite des allégations récentes concernant la gestion préoccupante des dépenses de l’OCPM et la crise en confiance qui en a découlé, précise le sommaire décisionnel.

Pour cette raison, la présidente de l’organisme, qui s’est défendue tant bien que mal devant la Commission des finances et de l’administration de Montréal, la semaine dernière, n’aura pas droit à l’indemnité maximum de départ prévu à son contrat, soit un an de salaire ou 153 000 $.

L’Opposition officielle déplore néanmoins que Dominique Ollivier, qui a quitté son poste de présidente du comité exécutif de Montréal, la semaine dernière, continue de siéger avec l’administration Plante au conseil municipal, alors qu’elle a dirigé l’OCPM beaucoup plus longtemps qu’Isabelle Beaulieu, soit de 2014 à 2021.

La femme parle au micro en ayant les mains posées sur son buste.

Dominique Ollivier a affirmé que régler les problèmes de gouvernance qu’elle a remarqués en arrivant à la tête de l’OCPM n’était pas en son pouvoir. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Nora Chabib

Préparer la suite

Les décisions avalisées par le conseil municipal mardi prévoient que le directeur général de la Ville de Montréal, Serge Lamontagne, se mette tout de suite à la recherche de la personne qui succédera à Isabelle Beaulieu.

Comme annoncé, les dépenses de l’OCPM seront également gelées jusqu’à nouvel ordre. L’organisme, cela dit, ne sera pas démantelé. « Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain », a plaidé Valérie Plante dimanche à l’émission Tout le monde en parle.

Valérie Plante.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, invitée à l’émission « Tout le monde en parle » le 19 novembre 2023, avait réaffirmé son soutien pour Dominique Ollivier. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

L’opposition officielle a été de l’avant avec son amendement, déjà promis la veille, pour que la gestion de l’OCPM soit attribuée à un organisme externe et indépendant au lieu d’être confiée au directeur général de la Ville. Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances, Alan DeSousa, suggérait qu’une personne qui n’a pas d’attache à l’appareil municipal obtienne ce rôle.

Le sommaire décisionnel en lien avec la destitution d’Isabelle Beaulieu, par ailleurs, ne dit rien de l’avenir du secrétaire général de l’OCPM, Guy Grenier, nommé à plusieurs reprises dans les dernières semaines dans les articles du Journal de Montréal à l’origine de la polémique sur les dépenses de l’organisme.

La ministre des Affaires municipales du Québec, Andrée Laforest, avait pourtant invité les deux dirigeants à « réfléchir à leur avenir », il y a deux semaines, lorsque la controverse a éclaté.

Sortant du mutisme dans lequel elle s’était enfermée, Isabelle Beaulieu avait répondu le jour même en entrevue à l’émission Le 15-18, sur ICI Première, qu’elle estimait être toujours la bonne personne pour présider l’OCPM, un organisme dont le budget annuel tourne autour de trois millions de dollars.



Voir la source