Autre année, autre congédiement. Le CF Montréal a annoncé jeudi matin avoir mis un terme à sa relation professionnelle avec l’entraîneur-chef Hernan Losada. 

On sentait bien que la mayonnaise n’avait pas pris entre l’Argentin et plusieurs de ses joueurs puisque certains l’ont ouvertement critiqué lors du bilan de fin de saison. Son adjoint Sebastian Setti a aussi été remercié.

Losada, qui avait une autre année à son contrat, n’aura dirigé l’équipe que pendant une seule saison lors de laquelle son équipe a raté les séries éliminatoires de peu. Il conclut son passage montréalais avec une fiche de 12 victoires, 17 défaites et 5 verdicts nuls en MLS.

Son équipe a récolté trois victoires en Championnat canadien, mais s’est inclinée en finale contre les Whitecaps de Vancouver. Elle a de plus subi un revers et fait un match nul en Leagues Cup, une compétition estivale réunissant les équipes de la MLS et de la Liga MX du Mexique.

 

Écart

Il semble qu’il y a eu un écart entre ce qu’on a demandé à Losada et ce qu’il a livré. Le club a aussi senti que son message ne passait pas bien, ce qui était évident lors de la dernière rencontre de la saison où l’équipe devait battre le Crew de Columbus et son ancien entraîneur Wilfried Nancy pour assurer sa place en séries.

«Ce n’est pas une décision qui tombe à cause de la non-qualification en séries, c’est quelque chose de beaucoup plus large que ça», a expliqué Renard en mêlée de presse en précisant que les joueurs n’y sont pour rien.

«C’est certain que moi, comme directeur sportif, je dois prendre la température du vestiaire. Mais je tiens à insister que ce n’est pas eux qui ont décidé.

«Ça tient au style de jeu qu’on voulait pratiquer et que je n’ai pas assez vu. Il y a le manque d’envie lors du dernier match à Columbus où je pense qu’on n’a pas tout donné […] et je ne suis pas le seul à avoir eu cette impression dans l’organisation.»

Un de plus

Losada est le neuvième entraîneur du CF Montréal en douze saisons en MLS et le cinquième depuis 2017. Il rejoint Jesse Marsch, Marco Schällibaum et Thierry Henry dans le groupe de techniciens qui ne sont restés qu’une saison.

C’est donc dire que le club amorcera sa treizième saison en MLS avec un dixième entraîneur-chef. C’est un rythme ahurissant.

Seulement deux entraîneurs ont dirigé l’équipe pendant au moins deux ans, soit Mauro Biello et Wilfried Nancy. Il s’agit incidemment de deux entraîneurs qui ont grandi au sein du club.

Il faudra maintenant voir qui sera assez téméraire pour accepter le poste. Il y a certainement des candidats auxquels on peut penser, mais encore faut-il qu’ils soient intéressés.

De l’intérêt

Il paraît que le téléphone de Renard a déjà commencé à sonner.

«Quand je vois le nombre d’appels que j’ai depuis les dernières heures et même déjà avant, il y a beaucoup d’entraîneurs qui veulent travailler au CF Montréal.

«On a un club qui aime développer les joueurs et les entraîneurs aussi donc il y a beaucoup de candidats qui sont preneurs et ça vient de tous les côtés.»

Il va regarder à l’interne, mais aussi ailleurs dans la MLS et à l’international. Renard a esquissé un sourire quand le nom de Mauro Biello a été évoqué. Celui-ci est entraîneur par intérim de l’équipe nationale masculine du Canada.

«On a une liste de gens qu’on veut rencontrer. Combien? Ce n’est pas important. L’important c’est de trouver le bon. Le premier critère est de rentrer dans la philosophie de ce qu’on veut faire. Évidemment, s’il parle français c’est un point important.»

Erreur

L’embauche de Losada, en décembre 2022, a été accompagnée de voyants rouges. Il avait été limogé par D.C. United après seulement six matchs quelques mois plus tôt. Des joueurs avaient alors critiqué ses méthodes.

«Oui, on peut parler d’erreur, mais pour moi c’est un mot trop difficile à entendre parce que je ne veux pas mettre toute la responsabilité sur Hernan.

«Même si on n’avait pas fait les séries, mais qu’il y avait eu la philosophie de jeu et une progression de certains joueurs. Lors de la première année de Wilfried, on ne l’a pas remercié parce qu’on voyait où on voulait aller et ça s’est vérifié la deuxième année.»

Renard ne voyait tout simplement pas comment Losada aurait pu renverser la vapeur.

«Il y a trop de détails importants qui manquent pour pouvoir être presque sûrs qu’on aurait eu un changement l’année prochaine. Confirmer Hernan maintenant aurait été facile, mais dans cinq, six ou sept matchs si j’ai des problèmes et qu’on le remercie à ce moment-là, je pense que je n’aurais pas été honnête envers l’organisation d’attendre seulement pour qu’Olivier Renard passe mieux en disant qu’il faisait confiance au coach qu’il a engagé il y a dix mois.»



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