Le gouvernement provincial a annoncé mardi que la contraception sera bientôt gratuite pour toute personne au Manitoba qui a une ordonnance médicale.

L’annonce a été faite lors du discours du Trône et cela concrétise une des promesses électorales du NPD.

Les soins de santé génésique sont un droit. Notre gouvernement protégera et affirmera le droit des Manitobaines et des Manitobains d’accéder aux services d’avortement, protégera les fournisseurs de services d’avortement et rendra gratuites les méthodes contraceptives sur ordonnance,a indiqué Wab Kinew, le premier ministre du Manitoba, lors de son discours.

Le NPD avait indiqué auparavant que le plan inclurait plusieurs formes de contraceptions sur ordonnance et en vente libre. Celles-ci comprendraient la pilule du lendemain, les injections hormonales, les dispositifs intra-utérins au cuivre et hormonaux et les contraceptifs oraux, mais pas les préservatifs.

Le coût de la mise en œuvre de la couverture universelle de certains contraceptifs avait aussi été estimé à 11 millions de dollars par an, à l’époque.

Uzoma Asagwara qui est ministre de la Santé affirme que cette mesure priorise la santé des femmes.

Un investissement dans le système de santé

Pour Caitlin Bloxom qui est infirmière au centre de santé communautaire Klinic Community Health, cette mesure sera un grand pas en avant.

Elle affirme qu’il est impossible pour certaines personnes d’avoir accès à la contraception à cause des coûts et des obstacles.

Erin Bockstael qui est gérante d’équipe pour les programmes familiaux et communautaires auprès du centre Women’s Health Clinic, à Winnipeg, partage le même avis.

Pour ceux qui n’ont pas un emploi qui couvre [ces coûts], ça peut être très inaccessible, affirme-t-elle.

Mme Bockstael rappelle aussi que les personnes les plus affectées par le contexte économique difficile sont les jeunes travailleurs.

Nous savons déjà que les femmes ont tendance à gagner moins d’argent. C’est un coût qui est plutôt genré, ajoute-t-elle.

Cela va sauver de l’argent au système de santé et je pense que les avantages sont évidents, tant pour les individus que pour les communautés, donc je ne vois aucun inconvénient, affirme Caitlin Bloxom.

Cette dernière explique que les grossesses non planifiées ou non désirées peuvent entraîner une détresse psychosociale et des coûts supplémentaires pour le système de santé.

Les gens ont le droit de contrôler leur corps et de prévenir les grossesses non désirées à l’aide de médicaments qui se sont montrés efficaces et sécuritaires.

Mme Bloxom travaille également dans une clinique sans rendez-vous pour adolescents et le centre qui fournit des moyens de contraception gratuits.

Selon elle, l’accès à la contraception est l’une des principales raisons pour lesquelles les adolescents se rendent à la clinique. Certains d’entre eux ne veulent pas divulguer à leurs parents ou aux personnes qui s’occupent d’eux qu’ils utilisent la contraception, bien qu’ils y aient droit.

J’imagine qu’il s’agit d’un service qui n’est malheureusement pas disponible dans de nombreuses petites communautés, ajoute Mme Bloxom.

Uzoma Asagwara affirme que la province discute avec des experts locaux afin d’assurer l’accessibilité à la contraception partout au Manitoba, en particulier dans les régions rurales et éloignées.

Cette mesure fera du Manitoba la deuxième province canadienne à offrir un accès universel aux moyens de contraception prescrits. La Colombie-Britannique a été la première à le faire au début de cette année.

Avec des informations de Brittany Greenslade et Anne-Louise Michel





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