Le public était curieux, enthousiaste et un brin nostalgique à la lever du rideau de Pub Royal, la comédie musicale des Cowboys Fringants. Le spectacle, inspiré de l’univers et du répertoire du groupe, tenait sa première représentation médiatique à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec, jeudi.

Les hommages au chanteur des Cowboys Fringants, Karl Tremblay, prennent plusieurs formes : si certains participeront à son hommage national le 28 novembre prochain, à Montréal, d’autres se retrouvent au Grand Théâtre dans l’espoir de visiter différemment le répertoire du groupe.

C’est d’ailleurs en dédiant le spectacle à Karl Tremblay que Sébastien Soldevila, metteur en scène du spectacle, cofondateur et codirecteur artistique du collectif Les 7 doigts de la main, a commencé la soirée. Cette délicate attention a chaudement été applaudie par le public, d’autant plus que Jean-François Pauzé et Jérôme Dupras, membres des Cowboys Fringants, ainsi que Marie-Annick Lépine, la conjointe de Karl et aussi membre du groupe, étaient présents, assis au balcon.

Rapidement, le spectacle commence avec un premier numéro chanté : Bienvenue chez nous! donne le ton. L’univers déjanté du bar le Pub Royal est bien campé : ici, tout le monde est le bienvenu. L’ambiance est festive, tantôt revendicatrice, la folie et la complicité des personnages sont palpables, et la musique est centrale.

Une vingtaine de chanteurs, danseurs et artistes de cirque participent à Pub Royal.

Une vingtaine de chanteurs, danseurs et artistes de cirque participent à Pub Royal.

Photo : Radio-Canada / Olivier Bouchard

Siriso, le dynamique maître de cérémonie, est d’un enthousiasme contagieux et d’une énergie débordante : le spectacle maintiendra ce rythme de croisière effréné.

Les amateurs des Cowboys Fringants ont certainement l’impression d’être en territoire connu. Les applaudissements, les cris, les chuchotements, en témoignent. À de nombreuses reprises, ils réagissent à un élément de décor, à une réplique ou à un prénom de personnage qui fait écho aux chansons des Cowboys.

Des acteurs sur scène.

Siriso, le personnage de Kevin Houle, ouvre le spectacle en compagnie de Émilie Josset, l’interprète Loulou Lapierre.

Photo : Radio-Canada / Olivier Bouchard

Des airs de famille

Cette création de la compagnie Les 7 doigts de la main s’inspire des chansons et de l’imaginaire des Cowboys Fringants, sans que ces derniers soient sur scène.

Sur les quatorze chansons qui composent la comédie musicale, neuf sont issues de leurs albums Break syndical (2002), La Grand-Messe (2004), Que du vent (2011), Octobre (2015) et Les Antipodes (2019). Le public ne s’est pas gêné pour joindre sa voix à celles des chanteurs, notamment pour L’Amérique pleure.

Se glissent naturellement cinq compositions originales dans la trame du spectacle. Le style, le rythme, les paroles et le message portent la signature de la formation. C’est la contribution de Jean-François Pauzé : le guitariste et co-fondateur des Cowboys Fringants a eu un droit de regard sur la production.

Il tenait d’ailleurs à ce que le spectacle ne soit pas qu’une revue musicale, voulant amener de l’eau neuve au moulin, comme il a précisé au micro de l’émission C’est encore mieux l’après-midi, le 8 novembre dernier. Ces nouveaux titres, dont Loulou vs Loulou et Les questions sans réponses ont tout de suite été adoptés par les spectateurs.

Sans répit

La scène est constamment occupée, car presque toutes les chansons sont chorégraphiées. L’ensemble de la distribution s’y met : au total, ils sont sept comédiens-chanteurs, sept danseurs et six artistes de cirque à réchauffer les planches de la salle Louis-Fréchette. Les mouvements sont variés, complexes et fidèles aux paroles des chansons. Une séquence de Krump crée même une agréable surprise dans la salle.

Les numéros sont régulièrement bonifiés d’éléments circassiens, dont des acrobaties, des équilibres, des performances au mât chinois et de la haute voltige. Le public, lorsqu’il pourrait reprendre son souffle, le retient plutôt, devant ces prouesses vertigineuses, somme toute réussies malgré quelques accros.

Les acrobaties sont nombreuses dans les chorégraphies de Geneviève Dorion Coupal.

Les acrobaties sont nombreuses dans les chorégraphies de Geneviève Dorion Coupal.

Photo : Radio-Canada / Olivier Bouchard

Le spectacle se termine avec une version adaptée de Plus rien, qui résume, en quelques instants, la morale de cette histoire Cowboys Fringuesque : la vie est courte, et n’en tient qu’à nous de la prendre en main.

Après les applaudissements, les saluts, les lumières qui s’ouvrent, le public de Pub Royal a pris le temps d’envoyer la main au balcon des membres des Cowboys Fringants. On a même entendu des Merci les Cowboys! bien sentis.

Pub Royal s’installe à Québec jusqu’au 25 novembre, avant d’être présentée à Montréal, puis dans la francophonie d’Europe en 2024. Le spectacle est d’une durée de deux heures, sans entracte.



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