Le journaliste du 98.5 FM Jeremy Filosa, récemment limogé par Apple TV où il effectuait la description des matchs des Whitecaps de Vancouver, est venu expliquer sa version des faits, mercredi, à l’émission «JiC».

Il estime que ce congédiement est un geste de vengeance fomenté par le CF Montréal, dont il a lourdement critiqué les travers au cours des derniers mois alors que l’équipe traversait une saison très compliquée.

À Apple TV, Filosa ne couvrait même pas la formation montréalaise. Mais le reste de la semaine, il le faisait dans un podcast, «IMFC Radio», et à 98,5, entre autres. 

Il fut donc surpris d’apprendre qu’Apple avait décidé de le remercier, même si l’entreprise avait apprécié son travail, en invoquant des prises de position «trop critiques, trop sévères» sur les médias sociaux et autres plateformes où il s’exprime.

«Ça doit être le propriétaire de Salt Lake qui m’écoute au 98.5 …», a-t-il ironisé, en début d’entretien, au sujet de la source des complaintes à son sujet parvenues aux oreilles d’Apple TV.

«La fin de semaine, je décris des matchs chez (Apple TV) et je n’émets pas d’opinions, je décris, a-t-il expliqué. Mais durant la semaine, je travaille comme journaliste (…) et je me dois d’émettre des opinions. Ceux qui suivent un peu l’équipe cette année, vous savez qu’on n’est pas à un mini-scandale près. Ça a été une saison rocambolesque où ça a été, malheureusement, très négatif. Moi, mon travail, c’est de rapporter si c’est positif ou négatif.»

«Je suis le premier à être devant la parade à vouloir dire « suivez notre club de soccer, ils font bien, ça vaut la peine », a-t-il ajouté. Mais quand ça ne va pas bien, il faut le dire aussi.»

Le journaliste croit que le CF Montréal est derrière tout ça, tout en prenant soin de ne viser aucun individu en particulier.

«Je ne vois pas d’où ça pourrait venir d’autre, avec Apple, j’étais assigné aux Whitecaps de Vancouver! Donc je travaillais pour une autre organisation. Je n’avais rien à voir avec Montréal, rien du tout. Alors pour moi, c’est un peu une vengeance», a-t-il résumé.

«Je ne peux pas faire autrement qu’avoir le sentiment qu’on s’est dit « lui, il est fatigant, il nous tape dessus quand ça va mal, il n’est pas fin avec nous » et je l’admets, j’ai été dur avec l’organisation, cette année plus que d’autres parce que ça ne s’est pas bien passé, a-t-il expliqué. Je l’admets. Mais ça fait partie de mes tâches.»

«Si quelqu’un dit des insignifiances, ce n’est pas pareil, a-t-il également souligné. Mais à partir du moment où tu rapportes les faits, comme je l’ai fait sur Twitter cette semaine… et ça a été un des tweets qui ont dérangé, où j’ai énuméré tous les accrochages qui ont eu lieu cette saison chez le CF Montréal, la liste était longue, je ne les ai pas inventées ces choses-là. C’est arrivé pour vrai.»

La MLS dément

Contacté en cours de journée par l’équipe de «JiC», le chef des communications de la MLS, Dan Courtemanche, a assuré que les clubs ne jouent aucun rôle dans la sélection ou la gestion des personnalités qui travaillent pour Apple TV.

«Ce qui me déçoit un peu c’est que Dan Courtemanche, que je connais très bien, semble contacter tout le monde sauf moi, a déploré Filosa. Je lui ai envoyé un message. Il sait qui je suis, on « deal » ensemble depuis des années… appelle-moi, on peut en discuter. À la rigueur, on peut sortir de là la tête haute, tous les deux. Ou au moins avoir un avertissement! Ne serait-ce qu’un avertissement! C’est congédiement sur-le-champ et pas de nouvelles de personne. Moi, tout ce que je veux, c’est ravoir ma job.»

Heureusement, le journaliste estime avoir beaucoup de soutien de la part du public et de plusieurs de ses confrères alors qu’il semble être victime d’une tentative de muselage. D’ailleurs, le bilan de fin de saison du CF Montréal, plus tôt cette semaine, a attiré beaucoup moins de journalistes que par le passé.

«Le nombre de messages que j’ai reçus ce matin, c’est débile, a-t-il révélé. Un moment donné tu te remets en question et tu te dis « est-ce que je n’ai pas fait ma job comme du monde? », et voir que j’avais autant de collègues et de messages qui me disaient que j’avais fait ce que j’avais à faire (…) je peux me coucher le soir en n’ayant pas de sentiment de culpabilité.»

Enfin, le journaliste assure qu’il ne cherche pas, en général, à torpiller le CF Montréal dans ses fonctions.

«Tout ce que je veux, c’est que cette organisation-là roule comme du monde, qu’on puisse faire comme les autres franchises d’Amérique du Nord et avancer, a-t-il exprimé. Malheureusement, c’est extrêmement dysfonctionnel à plusieurs niveaux à l’interne, donc il y a plein d’affaires qui tombent dans les craques tout le temps, ils sont toujours en train de réparer les pots cassés. Et nous, qui sommes très près de ça, la face dans la vitrine, on le voit et ça fait partie de notre job de le rapporter.»

Voyez l’entretien complet en vidéo principale.





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