DETROIT | Tout était trop beau à Detroit avec une équipe qui peut enfin se permettre de rêver, jusqu’à ce que la visite débarque et casse le party du Thanksgiving, auquel les Lions demeurent allergiques.

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L’invitation a beau venir d’eux année après année, mais chaque fois, ils ont l’air d’hôtes timides et incapables de s’organiser pour que l’ambiance lève un peu. Cette fois, ce sont les Packers qui ont gâché les festivités en l’emportant 29-22, mais le pointage est trompeur.

Dès le premier jeu du match, ce sont les invités qui décidaient de casser la baraque avec une bombe de 53 verges de Jordan Love à Christian Watson, qui donnait le ton à ce qui allait suivre.

Les Lions n’ont jamais été vraiment proches de dicter le tempo de leur journée tant attendue. C’était leur party du Thanksgiving, mais les Packers se sont sauvés avec la bouffe, la boisson et une petite victoire personnelle même si leur saison se déroulait très mal jusqu’à cette saucette à Detroit.

Scénario récurrent


Crédit photo : Photo Getty Images via AFP

Pourtant, on sentait un grisant bouillonnement en ville. Les partisans s’accrochent à l’espoir de jours meilleurs avec leur équipe qui gagne enfin. Jusqu’à ce qu’elle s’enfarge dans ses propres bottines pour tomber en pleine face dans la farce d’une dinde au goût amer.

Cette scène n’en finit plus de se répéter pour les Lions et leurs partisans. L’équipe a perdu ses sept derniers duels du Thanksgiving. Tout laissait croire que cette fois était la bonne, mais non.

L’entraîneur-chef Dan Campbell, admiré la plupart du temps pour son agressivité, a cette fois payé le prix de son audace. 

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La seule fois où ses Lions se sont rapprochés un peu des Packers avec le pointage à 23-14 en faveur de l’ennemi, il a pris un risque énorme qui s’est retourné contre lui.

À sa ligne de 23, en situation de quatrième essai, il a opté pour une feinte de dégagement que les Packers ont flairé à des kilomètres à la ronde. Ils ont tout de suite repris le ballon pour ajouter un touché à leur avance.

«C’était une mauvaise décision de ma part. Je n’aurais pas dû faire ça», a concédé l’entraîneur, qui a le mérite de ne jamais se défiler.

La magie récente des Lions n’a tout simplement pas opéré, avec cinq tentatives de quatrièmes essais sur six qui ont avorté.

«J’ai mal préparé mes gars», a poursuivi le pilote en continuant de s’autoflageller.


Crédit photo : Photo Getty Images via AFP

Les mêmes Lions? 

Pendant que le quart-arrière Jared Goff en a arraché avec deux échappés, son vis-à-vis Jordan Love a pigé dans le buffet à volonté avec 268 verges, trois passes de touchés et une longue course de 37 verges en fin de quatrième quart qui a mis fin à la quête des Lions. Ses jeunes receveurs ont été plus efficaces que jamais auparavant, profitant du laxisme de la défense. Pour ajouter l’insulte à l’injure, le pilier défensif des Packers a été Rashan Gary (avec trois sacs du quart), qui a été un héros local lorsqu’il jouait son football universitaire dans la cour arrière à l’Université du Michigan.

Est-ce qu’il faut conclure que les Lions sont redevenus les bons vieux minous dociles d’un passé pas si lointain et qui semble leur coller à la peau? 

Non, ils valent mieux que ça, mais ils ont le don de laisser le doute s’installer quand on commence à peine à croire en eux. En fait, ce sont peut-être eux, finalement, qui brisent leur propre party.



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