LOS ANGELES – Luc Robitaille persiste et signe : le président des Kings n’essaie pas de trouver un nouvel hôte pour son camp d’entraînement l’automne prochain. Malgré la controverse, l’équipe viendra à Québec.

Installé dans un petit coin de l’aréna pendant que son club écrasait le Canadien, le Québécois a pris le temps de s’entretenir avec Radio-Canada Sports et le Journal de Montréal pour revenir sur le tollé qu’a provoqué l’annonce d’une subvention de 5 à 7 millions de dollars du gouvernement de François Legault à Gestev, une filiale de Québecor chargée d’organiser la visite de cinq jours des Kings dans la capitale provinciale du 2 au 6 octobre 2024.

Nous, on va à Québec. Ça va être bon pour nous. J’ai entendu dire qu’il y a beaucoup de billets qui se vendent en ce moment, je pense qu’ils sont rendus à 16 000 [15 435 selon Québecor Sports, il y a cinq jours]. Les gens vont être fébriles et ça va être le fun pour tout le monde, a estimé Robitaille.

S’il dit comprendre l’indignation, il estime possible que le coût final de l’opération soit moins dispendieux que prévu pour les contribuables québécois.

Le montant que tout le monde entend, ce ne sera pas le montant à la fin parce qu’il y a des billets qui se vendent, il y a des commandites, il y a beaucoup de choses qui vont faire en sorte qu’ils vont peut-être faire de l’argent après avoir payé les frais de transport des autres équipes. C’est comme ça qu’on regarde ça, a expliqué l’ancien joueur et homme d’affaires.

On est juste contents d’y aller, a-t-il ajouté.

Le ministre des Finances Éric Girard tenait toutefois un autre discours en début de semaine en affirmant [qu’il] aurait aimé que ça coûte moins cher, mais que c’était ça ou rien.

Un homme derrière un lutrin en conférence de presse.

Le ministre Éric Girard

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy-Roussel

M. Girard avait dit accepter les critiques par rapport au montant de la subvention, mais il avait balayé du revers de la main celles lui reprochant surtout le moment choisi pour en faire l’annonce.

En pleine négociation avec le secteur public, le gouvernement doit constamment se défendre de sa décision.

Même les deux joueurs québécois des Kings, Pierre-Luc Dubois et Phillip Danault, avaient reconnu, mercredi, que le timing n’est pas idéal.

On ne fait toutefois pas d’omelettes sans casser des œufs et c’était un peu le sens du propos de Robitaille.

Il y a plusieurs événements sportifs dans chaque État aux États-Unis et dans chaque province au Canada. Si tu veux attirer du monde, il faut que tu embarques, a fait valoir l’ancien joueur.

Si c’est pas là, c’est ailleurs. C’est ça qui arrive souvent. À Québec, le monde aime voir du bon hockey et ils vont en avoir la chance.

La subvention servira principalement à éponger les pertes de revenus au guichet des Bruins et des Panthers qui ont accepté de déplacer un de leurs matchs préparatoires au Québec, et couvrira les frais de transports et d’hébergement des trois équipes.

Une vitrine pour Québec

Robitaille entend aussi demander à ses joueurs de s’impliquer dans la communauté pendant le bref passage des Kings. Dubois, pour sa part, nous avait assuré avoir l’intention de le faire et Robitaille a déjà parlé avec son ancien coéquipier Philippe Boucher dans le but d’organiser un événement pour soutenir sa fondation.

On aimerait ça organiser quelque chose le vendredi après-midi avec les joueurs. Et le vendredi soir aussi pour collecter de l’argent pour des fondations. On en parle déjà, a-t-il assuré.

L’ancienne vedette de la LNH estime aussi que l’événement ne nuira pas aux chances de la ville d’attirer une équipe professionnelle un jour.

Gary Bettman, commissaire de la LNH, parle dans un micro.

Gary Bettman, commissaire de la LNH

Photo : Getty Images / Chris Tanouye/Freestyle Photo

Le commissaire Gary Bettman a affirmé dans les derniers mois sur différentes plateformes que la ligue n’avait aucun plan d’expansion à court terme. Quant aux déménagements, il s’agit d’une solution de tout dernier recours qui ne s’est pas produite depuis 2011 et que M. Bettman tente d’éviter à tout prix.

Les Coyotes, par exemple, jouent toujours en Arizona même s’ils ne peuvent le faire que dans un aréna universitaire de 4600 places dont ils sont locataires.

Malgré tout, Robitaille a rappelé que la ville de Québec était toujours associée à Atlanta, Houston et Salt Lake City comme futures destinations possibles pour la LNH.

Tout le monde sait qu’à Québec, ils sont passionnés de hockey, ils n’ont pas besoin de faire quelque chose de spécial, mais ce n’est pas mauvais non plus, a-t-il conclu.



Voir la source