Le transport interurbain traverse une crise sans précédent depuis 40 ans. C’est la conclusion d’une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) dévoilée lundi.

Le nombre de départs hebdomadaires d’autocars privés est passé de 6000 à 882 par semaine depuis 1981, soit une baisse de 700 %.

L’étude révèle également que, dans les six dernières années, le nombre de départs a diminué du tiers (33 %).

Le peu de fonds publics en transport interurbain est pointé du doigt. Tant et aussi longtemps que le transport interurbain par autocar reposera sur une industrie privée autofinancée par la vente de billets, les services jugés non profitables seront coupés, indique Colin Pratte, chercheur à l’IRIS et auteur de l’étude.

Colin Pratte, de l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS).

Colin Pratte, de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS). (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le transport interurbain reçoit moins d’un pourcent de l’enveloppe dédiée au transport collectif, selon l’IRIS.

Le gouvernement sait depuis 1996 que le transport collectif interurbain sera appelé à décliner davantage en l’absence de politiques publiques conséquentes. Il a pourtant toujours refusé d’octroyer du financement récurrent à ce type de transport, déplore Colin Pratte.

Un autobus Breton à la gare du Palais.

Autobus Breton assurait en avril dernier son dernier transport de passagers entre la Beauce et Québec.

Photo : Radio-Canada

Québec fait bande à part

Pour le chercheur, la province fait bande à part dans le financement public du transport interurbain.

Même aux États-Unis, […] dans des états comme l’Oregon, Washington, la Californie, lorsqu’un trajet est menacé d’être supprimé faute d’achalandage, il y a des enveloppes publiques récurrentes, dit-il. Ça, au Québec, on a vu ça trop rarement.

Il cite en exemple le service entre Saint-Georges, en Beauce, et Québec, qui a été abandonné en avril dernier par l’entreprise Autobus Breton. [La ligne ] avait réussi à être maintenue dans la dernière année à la faveur d’un programme qui s’est avéré temporaire, les fonds publics n’ont pas été récurrents.

La Mauricie, un exemple

Abandonnée en 2014 par la compagnie Orléans Express, la ligne Trois-Rivières—La Tuque est maintenant gérée par la Corporation de Transport adapté et Collectif du Haut Saint-Maurice, un organisme à but non lucratif.

C’est un exemple trop rare, soutient Colin Pratte.



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