Parce que les médias américains lui ont réservé des articles, Andrew Tate est apparu souvent dans mes survols matinaux de l’actualité américaine. Depuis quelques jours, les médias d’ici braquent également les projecteurs sur lui. 

Je ne sais pas pour vous, mais ce que je lis ou entends me laisse songeur. Comme une impression que le personnage cristallise des idées et opinions. Soit on évoque un passé sublimé, soit on attribue son succès aux seuls réseaux sociaux.

Le Québec a évolué et ses hommes aussi

Je précise d’entrée de jeu que le personnage ne m’inspire que mépris et dégoûts. Une véritable ordure à qui je regrette de consacrer quelques lignes. Mais maintenant qu’il est privé de ses tribunes et qu’il est confronté à la justice, je préfère me concentrer sur nous. 

Pour certaines personnes, la popularité de Tate est attribuable au néoféminisme ou à la théorie de genre. On redoute que les revendications légitimes des femmes ou des trans aient comme conséquence de déviriliser nos garçons. «L’homme d’avant» était mieux?

J’ai vécu mon enfance et mon adolescence dans les années 1970 et 1980. Je ne saurais vous dire à quel point je me réjouis que le modèle masculin ait évolué et qu’on évoque désormais une variété de modèles.

Si je me souviens bien du «code viril» de ma jeunesse, je me sens mal pour les femmes et tout ce qui n’était pas dans la norme. Je n’ai que de l’admiration pour les homosexuels qui ont su mener une lutte courageuse malgré les quolibets, les insultes et les menaces physiques. Il était aussi comme ça «l’homme d’avant».

En 2023, c’est maintenant l’ensemble de la communauté LGBTQ2+ qui ose, qui sensibilise et qui affronte l’ignorance et l’incompréhension. Souhaitons que son cheminement soit moins long que celui de la communauté gaie.

S’intéresser à nos garçons et nos hommes

Si je me permets d’insister plus haut sur l’évolution des hommes au Québec, c’est que je considère qu’on le souligne trop peu. Comme si on les excluait d’une amélioration sensible de la situation.

Si des adolescents, surtout, et des hommes, se tournent vers l’influenceur, c’est, qu’on se l’avoue ou pas, parce qu’il comble, de la plus horrible des manières, un besoin. Se pourrait-il qu’on ait oublié de parler à nos garçons, de les interroger? 

Il y a peu encore, on se demandait pourquoi ils réussissaient moins bien que les filles à l’école et qu’ils décrochaient en plus grand nombre. Avant même d’avoir obtenu toutes les réponses et trouvé les correctifs appropriés, nous sommes passés à l’enseignement de la théorie du genre dans les écoles.

Si je ne peux qu’appuyer les revendications et l’intégration harmonieuse de multiples groupes lésés ou pénalisés dans notre société, je me demande si en voulant bien faire, et en le faisant très rapidement, nous n’avons pas négligé d’inclure aussi tous ces jeunes hommes en considérant leurs besoins.





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