Dans une déclaration transmise à Radio-Canada, l’ex-diplomate canadien Michael Kovrig rejette à nouveau les allégations d’espionnage de son ex-codétenu en Chine, Michael Spavor.

Ce dernier allègue qu’il aurait donné des informations sur la Corée du Nord à M. Kovrig, qui, à son tour, les aurait transmises à des agences de renseignement.

Il s’agirait, selon le Globe and Mail, de l’origine des accusations d’espionnage de la Chine à l’endroit de ces deux ressortissants canadiens.

Dans sa déclaration envoyée à Radio-Canada, M. Kovrig souligne qu’il a toujours travaillé selon les lois et règlements qui régissent la profession de diplomate et qu’il a toujours été transparent dans ses activités lorsqu’il était en poste en Chine de 2014 à 2016.

Je n’ai jamais été impliqué dans des activités d’espionnage, écrit-il.

L’ex-diplomate explique qu’avant son arrestation en 2018, les autorités chinoises ne lui avaient jamais signalé que son travail pouvait constituer un problème. Il ajoute qu’il a été régulièrement invité à des rencontres avec des diplomates, des analystes ou des universitaires chinois.

Après avoir quitté la diplomatie canadienne, M. Kovrig a rejoint en 2017 l’International Crisis Group, une organisation qui œuvre à la prévention des conflits.

Au sein de cette organisation, M. Kovrig dit qu’il a tenté de travailler avec les autorités chinoises dans le but d’amener les Nord-Coréens à cesser de développer et de contribuer à la prolifération d’armes nucléaires et des technologies de missiles balistiques.

Nous cherchions donc à mieux comprendre la Corée du Nord. Cela impliquait de parler avec des personnes qui connaissaient bien le pays, de faire des analyses et de formuler des recommandations.

Il souligne également que ses travaux sont publiés sur le site Internet de Crisis Group et dans les médias.

Revenant sur sa détention en Chine, M. Kovrig a indiqué qu’il a catégoriquement rejeté toutes les allégations chinoises.

Bien que j’aie été soumis à des mois de détention, de coercition, d’interrogatoire, de torture psychologique, de solitude et d’incertitude, j’ai toujours affirmé mon innocence lors de mon arrestation et à nouveau lors de mon procès. Je continue à le faire aujourd’hui.

Il affirme également que les accusations montées de toutes pièces contre [lui] lors de son arrestation ou lors de son procès en mars 2021 ne faisaient pas mention qu’il était agent de renseignements et ne mentionnaient pas Michael Spavor.

Michael Spavor et Michael Kovrig reçoivent une ovation à la Chambre des communes avant le discours du président américain Joe Biden au Parlement, à Ottawa.

En mars dernier, Michael Spavor et Michael Kovrig ont reçu une ovation à la Chambre des communes.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

M. Kovrig souligne que les propos tenus par des médias chinois selon lesquels il aurait avoué les accusations fabriquées par le gouvernement chinois avant [sa] libération sont totalement faux.

La Chine m’a détenu à tort en tant qu’otage politique dans le cadre d’un chantage contre le gouvernement du Canada. Laisser entendre que j’ai été détenu pour toute autre raison est faux et ne fait qu’amplifier la propagande du gouvernement chinois.

Saga diplomatico-judicaire

Le 18 novembre dernier, le Globe and Mail rapportait que M. Spavor réclamerait des millions de dollars à Ottawa pour avoir été détenu en Chine.

Des sources confidentielles auraient confirmé au journal que des négociations sont en cours à Toronto entre les avocats de Michael Spavor et les ministères de la Justice et des Affaires étrangères du Canada.

Michael Spavor et Michael Kovrig s’étaient retrouvés au cœur d’une saga diplomatico-judiciaire à la suite de l’arrestation de la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, en décembre 2018, à la demande des autorités américaines.

Les deux Canadiens ont passé plus de 1000 jours dans les prisons chinoises, avant d’être rapatriés au pays en 2021.

Avec les informations de Louis Blouin et Gabrielle Proulx



VOir la source