Au terme de la rencontre en personne qui devait permettre aux dirigeants des syndicats regroupés au sein du Front commun – CSN, FTQ, CSQ et APTS – et à la présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel, « de se parler dans le blanc des yeux », le représentant de la CSQ, Éric Gingras, s’est très brièvement adressé aux médias, mercredi.

Il s’est contenté d’affirmer que les parties avaient eu une bonne discussion, qu’ils avaient abordé tous les sujets, qu’ils avaient fait le point et que les négociations se poursuivaient.

Pour sa part, le cabinet de la présidente du Conseil du Trésor a déclaré par écrit que la rencontre a été constructive. C’était important qu’on s’assoie ensemble à ce stade-ci pour faire le point sur les négociations. On a réitéré notre objectif de régler d’ici la fin de l’année. On ne fera pas d’autres commentaires.

Cette réunion est survenue alors que le Front commun, qui représente environ 420 000 travailleurs issus de divers secteurs, a annoncé mardi pas moins de sept nouvelles journées de débrayage, du 8 au 14 décembre, prévenant du même souffle que la prochaine étape serait la grève générale illimitée.

Ces moyens de pression font notamment craindre pour l’épreuve uniforme de français au niveau collégial, prévue le 13 décembre. Le PDG de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay, s’est dit inquiet à ce sujet en entrevue sur les ondes d’ICI Première.

François Énault, Robert Comeau, Magali Picard et Éric Gingras marchent dans une rue de Québec.

Les dirigeants du Front commun François Énault, Robert Comeau, Magali Picard et Éric Gingras se rendent à la rencontre avec le gouvernement Legault le 29 novembre 2023.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

La présidente de la FTQ, Magali Picard, rentrée précipitamment de Dubaï, où elle devait participer à la COP28, de même que les trois autres dirigeants du Front commun, soit François Énault (CSN), Éric Gingras (CSQ) et Robert Comeau (APTS), ont eux aussi participé à la rencontre, tout comme la négociatrice en chef du gouvernement.

Plus tôt en journée, en arrivant au Salon bleu, le premier ministre François Legault s’est dit content de voir que les deux parties étaient assises à la même table. Le gouvernement, a-t-il réitéré, est prêt à bonifier son offre, à condition, dit-il, qu’il y ait des avancées en ce qui a trait aux questions normatives de la négociation.

François Legault au moment d'arriver au Salon bleu.

Les négociations se poursuivent dans le secteur public pendant que la pression s’accentue sur le gouvernement Legault.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

On doit trouver des ouvertures dans l’organisation du travail, alors je vais faire un état de situation avec [les dirigeants du Front commun] aujourd’hui, a pour sa part commenté Sonia LeBel en arrivant à l’Assemblée nationale.

En entrevue à ICI RDI plus tôt mercredi, Magali Picard avait toutefois tenté de minimiser les attentes de tout le monde. La vérité, c’est que ça se passe aux tables de négociation, a-t-elle soutenu.

Quand on se parle entre le Conseil du Trésor et les représentants syndicaux à travers les médias sociaux, il faut que ça se transpose après aux tables de négociation, a soutenu Éric Gingras, un peu plus tard, à l’émission 24•
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Ce dernier s’attend à ce que des rencontres de dernières minutes puissent éventuellement mener à certaines ententes.

Il y aura fort probablement une rencontre à minuit moins quart. Peut-être qu’à ce moment-là on parlera d’éléments plus cruciaux et plus détaillés, mais on n’est pas à cette heure-là présentement.

D’ici là, Éric Gingras juge qu’une rencontre comme celle de mercredi permet de tâter le pouls des interlocuteurs.

Est-ce que la volonté, elle est réelle? […] Est-ce que c’est sérieux? On pose ces questions-là.

Rencontre en petit groupe

Aucun autre syndicat n’a été invité à la réunion. C’est donc dire que la FAE, en grève générale illimitée depuis jeudi, et la FIQ, qui observera quatre nouvelles journées de débrayage du 11 au 14 décembre, étaient toutes deux absentes. Nommé la semaine dernière par Québec, le conciliateur au dossier n’a pas été convoqué lui non plus.

Sonia LeBel dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

La présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Il faut comprendre que, quand j’ai à rencontrer les syndicats, je les rencontre de façon séparée, a expliqué Sonia LeBel à son arrivé au Conseil des ministres mercredi midi.

Il ne faut y lire rien de positif ou de négatif, a-t-elle dit, rappelant au passage que les syndicats, l’hiver dernier, avaient refusé son invitation de créer des « forums de discussion » où il aurait été possible de réunir toutes les parties pour discuter des questions prioritaires en éducation et en santé.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle rencontre a lieu depuis le début des négociations. Habituellement, ce genre de face-à-face dure un peu moins d’une heure.

Avec les informations de Mathieu Gohier et avec la collaboration de Jérôme Labbé



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