Une motion a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale mercredi pour dénoncer la Commission canadienne des droits de la personne, qui a récemment soutenu que les jours fériés prévus pour les fêtes de Noël et de Pâques représentaient un « exemple évident » de « discrimination religieuse systémique ».

Ces propos ont été diffusés dans un document de réflexion sur l’intolérance religieuse (Nouvelle fenêtre) mis en ligne il y a environ une semaine sur le site web de l’organisme.

On y lit notamment que les jours fériés prévus pour Noël et pour Pâques sont discriminatoires, parce que les non-chrétiens peuvent avoir besoin de demander des aménagements spéciaux pour célébrer leurs fêtes religieuses et d’autres périodes de l’année où leur religion les oblige à s’abstenir de travailler.

Le libellé de la motion adoptée par l’Assemblée nationale mercredi dénonce toute tentative de polarisation à l’endroit d’événements rassembleurs qui font partie du patrimoine québécois depuis plusieurs générations. Elle invite tous les Québécois à s’unir en cette période de Noël qui approche.

La motion a été présentée au Salon bleu par le ministre responsable de la Lutte contre le racisme, Christopher Skeete, avec l’appui des députés libéraux, péquistes et indépendants, mais sans celui de Québec solidaire.

Les 109 élus présents en Chambre ont toutefois voté pour la motion, dont l’adoption a été soulignée par des salves d’applaudissements. Aucun député ne s’est abstenu.

Christopher Skeete en mêlée de presse à l'Assemblée nationale.

La motion de Christopher Skeete dénonce les propos de la Commission canadienne des droits de la personne selon lesquels les jours fériés liés au christianisme, dont Noël et Pâques, représentent un « exemple évident » d’une « discrimination religieuse systémique » et que cette « discrimination à l’égard des minorités religieuses au Canada est ancrée dans l’histoire du colonialisme au Canada ». (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

La commission des droits de la personne canadienne essaye de dire aux Canadiens, et par extension aux Québécois, que Noël c’est raciste, a déploré Christopher Skeete après le vote. Moi, je ne le pense pas, et je pense que les Québécois sont avec moi [là-dessus].

On va continuer de fêter Noël, et on ne s’excusera pas [de le faire], a renchéri le ministre Simon Jolin-Barrette à sa sortie du Salon bleu.

Noël est une fête partagée, a-t-il plaidé. On est une terre qui est accueillante, et je pense que c’est important de dire que ça fait partie de la culture québécoise, et d’inviter tout le monde à fêter Noël s’il le souhaite. Mais honnêtement, se faire dire par la Commission des droits que Noël est discriminatoire, il y a des limites.

Après le vote, le leader parlementaire adjoint du gouvernement, Mathieu Lévesque, a demandé à ce qu’une copie de la motion soit transmise à la Commission canadienne des droits de la personne, au gouvernement fédéral, à la Chambre des communes ainsi qu’au père Noël, au pôle Nord.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec considère aussi que le calendrier civique, qui établit un certain nombre de jours fériés [correspondant à] des fêtes catholiques, comme Noël, peut avoir un effet discriminatoire sur un individu ou sur certaines catégories d’individus.

Par conséquent, il aura potentiellement un effet préjudiciable sur les personnes appartenant à des groupes religieux minoritaires puisque l’observance de leurs propres fêtes religieuses n’y est pas prévue, écrit-elle sur son site web (Nouvelle fenêtre).

Avec les informations de La Presse canadienne



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