Les négociations avancent entre le gouvernement Legault et la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), en grève générale illimitée depuis jeudi dernier. Sur les lignes de piquetage, toutefois, les syndiqués sont à fleur de peau, si bien que la police a encore dû intervenir, ce matin, devant une école de Montréal.

En entrevue au 98,5 FM, en début de journée, la présidente de la FAE, Mélanie Hubert, a évoqué du mouvement aux tables de négociation – de quoi encourager les parents des 368 000 élèves touchés par le débrayage. Les choses avancent, a-t-elle reconnu.

Cette déclaration a également ravi le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, qui a réitéré à son arrivée à l’Assemblée nationale qu’il était inquiet des retards d’apprentissage causés par la grève et qu’il gardait espoir de s’entendre avec les syndiqués d’ici Noël.

Un cour d'école vide.

À Montréal, à Laval et dans plusieurs autres régions du Québec, les cours d’écoles sont vides depuis que la FAE a entamé sa grève générale illimitée, jeudi dernier.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Mélanie Hubert s’entretiendra par visioconférence avec les dirigeants des syndicats affiliés à la FAE aujourd’hui pour faire le point sur l’avancement des négociations – une rencontre prévue depuis longtemps, qui pourrait durer jusqu’à demain.

C’est cette instance qui, en fonction des comptes-rendus fournis par le comité de négociation, déterminera la suite des choses.

Selon des informations du 98,5 FM confirmées par Radio-Canada, il n’est pas exclu que la Fédération accepte de suspendre sa grève à la suite de cette réunion. Pour ce faire, il faudrait toutefois que des progrès importants dans les négociations aient été accomplis, nous confie une source syndicale.

D’autres scénarios seraient également sur la table. Selon nos informations, la FAE, par exemple, pourrait demander l’intervention d’un médiateur ou tout simplement voter pour que la grève générale illimitée se poursuive. Ça peut aller dans toutes les directions, nous dit-on.

François Legault debout en Chambre.

Le gouvernement du premier ministre François Legault doit composer avec un important mouvement de grève dans le secteur public alors que la session parlementaire tire à sa fin.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Interrogé sur le sujet ce matin, le premier ministre du Québec, François Legault, n’a pas voulu s’étendre sur l’état des négociations menées par la présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel. Ça va bien avec les enseignants, mais c’est plus compliqué avec la FIQ, s’est-il contenté de dire avant de prendre la direction du Salon bleu.

Une grève qui s’envenime

Pendant ce temps, néanmoins, la tension monte sur les lignes de piquetage au fur et à mesure que le conflit s’étire.

La police a d’ailleurs dû intervenir devant l’école spécialisée Irénée-Lussier, ce matin, alors que des syndiqués en grève de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, un syndicat affilié à la FAE, empêchaient des travailleurs de la construction de pénétrer à l’intérieur de l’établissement pour effectuer des réparations.

Depuis le début de la grève, la situation s’est reproduite dans de nombreux établissements d’enseignement de la métropole, dont l’école Sophie-Barat, l’école Robert-Gravel, l’école Jeanne-Mance, l’école Saint-Émile et l’École des métiers de la construction.

Le Centre de services scolaires de Montréal a d’ailleurs fait parvenir une mise en demeure à l’Alliance des professeures et professeurs, hier, pour intimer aux syndiqués de permettre aux personnes autorisées de traverser les lignes de piquetage.

À ce jour, les policiers n’ont arrêté personne, leurs avertissements ayant suffi à convaincre les grévistes de coopérer.

La situation est particulièrement frustrante pour eux, d’autant plus que les travailleurs de la construction engagés pour réparer les écoles sont bien souvent membres de la FTQ, une centrale elle aussi engagée dans les négociations visant à renouveler les conventions collectives des employés du secteur public.

La FAE représente plus de 65 000 enseignants qui travaillent dans quelque 800 écoles, réparties dans des centres de services scolaires de Montréal, de Laval, des Laurentides, de l’Outaouais, de la Capitale-Nationale et de la grande région de Granby.

Mais le gouvernement Legault négocie aussi avec d’autres unités syndicales, comme le Front commun (FTQ, CSN, CSQ et APTS), la FIQ et le SPGQ. Des pourparlers sont en cours depuis plusieurs mois, mais aucune entente n’a encore été annoncée.

À bout de patience, certaines unités, comme la FAE, ont accru leurs moyens de pression dans les dernières semaines.

Les dirigeants du Front commun – qui ont rencontré Sonia LeBel en personne, hier après-midi, sans que la rencontre ne débouche pour autant sur des avancées significatives – ont annoncé cette semaine sept nouvelles journées de grève, du 8 au 14 décembre inclusivement. La FIQ débrayera également du 11 au 14 décembre.

Enfin, le SPGQ a annoncé ce matin que ses membres observeront une journée de grève le 14 décembre dans 10 cégeps – des établissements qui, de toute façon, seront probablement déjà fermés ce jour-là, puisque les enseignants du niveau collégial sont membres du Front commun.

Avec les informations de Mathieu Gohier et de Pascal Robidas



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