C’est un dimanche matin froid et pluvieux à Clarksville, dans le nord du Tennessee. Dans la petite maison d’Allie Phillips, on n’entend que le silence, parfois égayé par les babillements de sa fille Adalie, qui joue dans sa chambre. Absolument rien dans ce tableau paisible ne laisse présager le véritable tourbillon qu’est devenue la vie de la jeune femme dans les derniers mois.

À 28 ans, Allie Phillips mène sa campagne électorale pour devenir une élue démocrate à la Chambre des représentants du Tennessee. Elle a lancé sa campagne cet automne. L’élection aura lieu dans un peu moins d’un an.

Ça n’a jamais été mon but de me lancer en politique, lance-t-elle, assise à la table de sa cuisine. Ce n’est pas mon but. C’est le but de Miley.

Miley, c’est l’enfant qu’Allie Phillips n’aura jamais connu. Il y a environ un an, Mme Phillips est tombée enceinte. Fous de joie, son mari et elle ont prénommé le fœtus Miley Rose. Mais au moment où elle s’approchait de sa 20e semaine de grossesse, son monde s’est écroulé : une visite à l’hôpital lui a appris que le fœtus n’était pas viable et que poursuivre la grossesse présentait des risques pour sa santé.

Mais impossible d’obtenir un avortement. Le Tennessee est l’un des États où les lois anti-avortement sont les plus strictes au pays. En février dernier, la procédure était interdite en toute circonstance. Au mois d’avril, le gouverneur, Bill Lee, a légèrement assoupli la loi en permettant les avortements en cas d’urgence médicale, par exemple après une fausse couche ou en cas de danger pour la vie de la mère.



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