Il ne faut pas fermer les écoles lors de l’éclipse solaire du 8 avril, affirment des intervenants scientifiques qui estiment au contraire que ce phénomène exceptionnel représente une occasion unique d’apprentissage pour les élèves. 

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Les élèves québécois ne seront pas tous égaux face à cette éclipse, qualifiée d’«événement astronomique du siècle au Québec» (voir détails plus bas).



Les enfants de Camille Turcotte, directrice générale de l'Association pour l'enseignement de la science et de la technologie au Québec, Géraldine Grisé, 5 ans, et Léopold Grisé, 10 ans, prennent la pose dans une classe avec des lunettes qui leur permettront d'admire l’éclipse solaire du 8 avril.


source: eclipsequebec.ca

Tous les élèves des écoles publiques de Montréal pourront toutefois l’observer en toute sécurité, grâce à des lunettes de protection fournies par le Planétarium.

Une dizaine d’autres centres de services, surtout en Montérégie et dans Chaudière-Appalaches, ont quant à eux procédé à des achats massifs de lunettes pour leurs élèves, indique l’Association pour l’enseignement de la science et de la technologie au Québec (AESTQ). 

Écoles fermées

En Estrie, deux centres de services scolaires ont toutefois décidé de fermer leurs écoles le 8 avril en raison des risques de dommages aux yeux, si l’éclipse est observée à l’œil nu.

Plusieurs autres n’ont pas encore pris position, comme c’est le cas pour la plupart des centres de services de la région de Québec. 

D’autres attendant les consignes de la Direction nationale de santé publique, qui devraient être dévoilées dans les prochaines semaines, avant de trancher. En Ontario, plusieurs écoles seront aussi fermées.

Or plutôt que de décréter une journée de congé, les écoles devraient «profiter de cette opportunité unique» pour «plonger les élèves dans une situation d’apprentissage authentique», affirme Camille Turcotte, directrice générale de l’AESTQ. 



Les enfants de Camille Turcotte, directrice générale de l'Association pour l'enseignement de la science et de la technologie au Québec, Géraldine Grisé, 5 ans, et Léopold Grisé, 10 ans, prennent la pose dans une classe avec des lunettes qui leur permettront d'admire l’éclipse solaire du 8 avril.


Camille Turcotte, directrice générale de l’Association pour l’enseignement de la science et de la technologie au Québec, montre des lunettes protectrices qui permettront de regarder l’éclipse solaire.


Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

Même son de cloche de la part de l’astronome et communicatrice scientifique Julie Bolduc-Duval. «C’est une chance extraordinaire qu’on a de vivre ça de façon correcte à l’école», dit-elle.

L’astronome reconnaît toutefois que le moment de l’éclipse, qui atteindra son paroxysme vers 15 h 30, complique la donne puisque des élèves seront alors en déplacement, à pied ou dans les autobus scolaires.

Il est toutefois possible d’organiser une foule d’activités à l’école en lien avec ce phénomène même en l’absence de lunettes protectrices, qui deviennent de plus en plus difficiles à se procurer au fur et à mesure que l’événement approche.

L’éclipse peut notamment être observée de façon indirecte, par projection, en utilisant à peu près n’importe quel objet troué comme une passoire, explique Simon A. Bélanger, coordonnateur des activités scientifiques au Planétarium.

«Ce n’est pas parce qu’on n’a pas de lunettes qu’on ne peut pas en profiter. On encourage les écoles à vivre ça avec les élèves, pour leur montrer que l’apprentissage des sciences, ça se vit aussi à l’extérieur des murs de l’école», dit-il.

De son côté, l’AESTQ a multiplié les démarches depuis deux ans afin que tous les élèves de la province puissent observer cet alignement des astres, mais en vain: le ministère de l’Éducation a refusé de dépenser les 500 000$ nécessaires à l’achat de lunettes protectrices pour tous, ce qui explique les inégalités dans le réseau scolaire présentement.

«C’est tout à fait déplorable», laisse tomber Camille Turcotte.

POUR EN SAVOIR PLUS

Qu’est-ce qu’une éclipse solaire totale?

Ce phénomène se produit lorsque la Lune passe entre la Terre et le Soleil et le cache complètement pendant un court moment. Pendant cette période, la température chute et le ciel s’assombrit, faisant apparaître des étoiles.

Où pourra-t-on l’observer?

L’éclipse sera partielle sur tout le Québec, mais elle sera totale dans le sud du Québec sur une bande d’environ 200 kilomètres de largeur, vers 15 h 30. Dans cette zone, la durée de l’éclipse dans sa totalité variera de quelques dizaines de secondes à trois minutes et demie.

À quel point s’agit-il d’un phénomène exceptionnel?

Il s’agira de la première éclipse totale depuis 1972 sur le territoire québécois. Il faudra par la suite attendre en 2106 avant que l’alignement des astres ne se reproduise. Les éclipses solaires partielles sont toutefois plus fréquentes, la dernière remonte à octobre 2023. 

Est-ce dangereux d’observer une éclipse solaire à l’œil nu?

Oui. Regarder directement le soleil à l’œil nu peut être dommageable pour les yeux en tout temps, y compris pendant une éclipse solaire. Pour apprécier le spectacle, il faut plutôt porter des lunettes protectrices certifiées qui sont munies d’un filtre presque entièrement opaque. Ces lunettes peuvent être achetées auprès de plusieurs fournisseurs, en ligne notamment.

Différents organismes, comme le Planétarium à Montréal et l’Astrolab au Mont-Mégantic, organisent des activités spéciales pour l’occasion où des lunettes seront fournies gratuitement.

Il est aussi possible d’observer une éclipse solaire de façon indirecte, par projection, en laissant passer quelques rayons de lumière dans un trou fait dans une boîte à chaussures, par exemple.

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