«Le segment de la population qui connaît la croissance la plus rapide en matière de cancer du côlon ou du rectum est celui des 28 à 39 ans, pour une raison inexpliquée», a déclaré Barry Stein, président et chef de la direction de Cancer colorectal Canada.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Malgré cela, le ministère de la Santé du Québec a récemment annoncé qu’il offrirait un accès plus rapide et plus facile aux tests immunochimiques fécaux (TIF), qui permettent de détecter le cancer du côlon, uniquement aux personnes âgées de 50 à 74 ans.

Le Dr Alan Barkun, président du comité d’implantation du dépistage du cancer colorectal au Québec, explique que, même si davantage de jeunes développent un cancer colorectal, cette statistique ne peut pas être isolée et ignorer les autres groupes d’âge.

«Les personnes âgées de plus de 50 ou 70 ans courent un risque nettement plus élevé de développer un cancer du côlon que les personnes plus jeunes», explique le Dr Barkun à CTV News. «C’est juste qu’en plus de la fourchette habituelle de 50 à 74 ans et ainsi de suite, nous avons maintenant des inquiétudes pour les personnes plus jeunes.»

 

Le ministère de la Santé du Québec affirme que sa décision de déployer son programme québécois de dépistage du cancer colorectal (PQDCCR) uniquement auprès des personnes âgées de 50 à 74 ans est la première étape d’un «déploiement structuré du programme».

«L’accès au programme de dépistage est basé sur le protocole médical national produit par l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS)», explique Francis Martel, responsable des relations avec les médias au ministère de la Santé du Québec. «Le Programme québécois de cancérologie reste à l’affût des nouvelles recommandations en matière de dépistage du cancer et pourrait donc être étendu à d’autres groupes d’âge si nécessaire.»

Mme Barkun ajoute que le Québec suit les lignes directrices établies dans le monde entier pour ne pas abaisser l’âge des dépistages réguliers pour les personnes plus jeunes qui sont par ailleurs en bonne santé.

Le nombre de tests et de médecins disponibles pour effectuer les analyses limite également le nombre de personnes pouvant faire l’objet d’un dépistage. Au Canada, personne n’a abaissé l’âge du dépistage du cancer du côlon, et il en va de même dans le monde entier, à l’exception des États-Unis [où l’âge du dépistage est fixé à 45 ans].

Deuxième cause de décès par cancer

Au Québec, entre 6 000 et 6 500 personnes recevront un diagnostic de cancer colorectal, selon Cancer colorectal Canada.

De ce nombre, environ 3 500 mourront, ce qui en fait la deuxième cause de décès par cancer dans la province.

C’est la raison pour laquelle le gouvernement souhaite augmenter le nombre de personnes dépistées chaque année, afin de détecter le cancer avant l’apparition des symptômes.

Le sang dans les selles, l’anémie et les crampes abdominales sont quelques-uns des signes du cancer colorectal.

«Ce que nous voulons faire, c’est inciter le plus grand nombre de personnes possibles à effectuer ces tests afin de réduire l’incidence du cancer colorectal d’environ 15 %», explique M. Stein. «Pour ce faire, nous avons besoin d’un taux de participation d’environ 60 %.»

Il précise que le taux de participation est actuellement de 40 %.

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M. Stein souligne que, contrairement au cancer du sein, pour lequel les femmes reçoivent des rappels pour leurs mammographies, c’est à l’individu et à son médecin qu’il incombe de prendre l’initiative de réserver un dépistage du cancer colorectal.

Le ministère de la Santé note qu’un mode de vie sain et actif et la réduction du tabagisme, ainsi que de la consommation d’alcool et de viandes transformées, peuvent contribuer à prévenir le cancer colorectal.

Pour bénéficier d’un dépistage du cancer colorectal, les Québécois âgés de 50 à 74 ans sont invités à prendre rendez-vous sur le site Clic Santé.

Les personnes qui ne font pas partie de ce groupe d’âge et qui ont des inquiétudes sont invitées à consulter leur médecin.


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