Malgré une contre-offre proposée au gouvernement, les enseignants de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) poursuivront leur mandat de grève générale illimitée en début de semaine.

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Des avancées significatives avaient pourtant été rapportées par la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) la semaine passée, mais rien qui pouvait provoquer l’arrêt de la grève.

«Le gouvernement a compris que la composition des classes était un problème», a convenu la présidente de la FAE, Mélanie Hubert, samedi matin sur les ondes de TVA. «Mais ce n’est pas encore parfait.»

La grève se poursuivra donc vraisemblablement en début de semaine. Pour sa part, le Front commun qui regroupe des syndiqués de la FTQ, de la CSN, de la CSQ et de l’APTS est censé débrayer du 8 au 14 décembre.

Des citoyens solidaires

Se disant préoccupés par l’état du réseau public, des citoyens se sont par ailleurs rassemblés dimanche après-midi devant l’Assemblée nationale pour démontrer leur solidarité avec les employés en grève dans les milieux de la santé et de l’éducation.





Ils étaient plusieurs dizaines de manifestants en solidarité avec les employés du secteur public en grève, dimanche après-midi à Québec.


Photo Jean-Philippe Guilbault

Ils étaient plusieurs dizaines réunis en début d’après-midi, à l’invitation de parents qui voulaient montrer «les visages de l’appui» aux grévistes.

«Notre première préoccupation, c’est l’état du réseau public, l’état de l’éducation, du système de santé», explique en entrevue la porte-parole de l’initiative citoyenne, Solène Tanguay. «Le gouvernement doit réaliser que les gens devant eux ne sont pas que les travailleurs en grève.»

Les commentaires de Legault passent mal

Mère et belle-mère de cinq enfants en âge d’aller à l’école, Mme Tanguay n’a pas particulièrement apprécié la sortie du premier ministre François Legault demandant aux enseignants de retourner travailler pour «le bien des enfants».

«Il y a eu une tentative de parler à notre place, mais je crois que M. Legault ne saisit pas bien la température de l’eau», estime Solène Tanguay qui qualifie le premier ministre de «déconnecté».





Solène Tanguay est la porte-parole de l’initiative de solidarité envers les employés du secteur public en grève.

Une opinion partagée par Anne, mère de trois enfants à l’école et qui manifestait dimanche à Québec.

«J’ai senti qu’il cherchait à faire sentir coupable tout ce monde-là alors que tout ce qu’ils font, c’est de défendre nos enfants», avance-t-elle. «[Les enseignants] savent ce qui se passe dans les écoles, ce n’est pas François Legault dans son bureau».

Elle espère que les négociations avancent avant le temps des Fêtes.

«Je suis sur le conseil d’établissement de l’école de mes enfants et on voit la pénurie de main-d’œuvre dans les services de garde», raconte-t-elle. «On est à même de voir que ça ne va pas bien et que ça fait plusieurs années que ça se dégrade.»

Cette solidarité de citoyens a été bien reçue de la part d’enseignants en débrayage.

«Ça nous donne du courage pour continuer notre bataille», lance Karine Tanguay, enseignante au primaire et membre du Front commun. Elle espère que le gouvernement «réalise que la population est au courant des besoins et des difficultés» dans le milieu de l’éducation.

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