Nombreux sont les Israéliens qui tiennent le premier ministre Netanyahu responsable de ne pas avoir empêché l’attaque du 7 octobre. Son attention était concentrée sur sa refonte controversée du système judiciaire du pays, considérée par une partie importante de la population comme une manœuvre pour lui éviter la prison pour corruption. 

Même si les plans détaillés de l’opération du Hamas étaient connus de ses services secrets, son gouvernement n’a pu l’entraver. 

Depuis, sa gestion de la riposte israélienne, axée sur la vengeance plutôt que sur une solution atteignable, envenime la situation. À Jérusalem, des manifestations quasi quotidiennes ont eu lieu appelant à la démission de Netanyahu. Maintenant que la trêve est rompue avec le Hamas, on l’accuse d’avoir repris la guerre plutôt que tout faire pour sauver la vie des otages israéliens encore détenus.

Son avenir sera déterminé par ses actions dans les prochains jours. Netanyahu a besoin d’un coup d’éclat. Il ferait pression pour que l’armée fasse de l’assassinat le chef du Hamas, Yahya Sinwar, sa priorité.  

Quoiqu’il advienne, cette guerre mettra fin à sa carrière politique. Elle révèle l’échec total du leadership de Netanyahu et les carences incroyables des services de renseignement. Un niveau de stupidité et d’arrogance (assurance tranquille de la supériorité d’Israël sur ses ennemis) surprenant qui a fait jusqu’ici plus de 1200 morts israéliens et plus de 15 000 morts palestiniens, dont plus 5000 enfants. La bande de Gaza aplatie par des milliers de bombes israéliennes. 

Bush Jr pas mieux que Bibi Netanyahu

Les Américains ont vécu quelque chose de semblable lors des attentats du 11 septembre. À partir du printemps 2001, la CIA a commencé à avertir la Maison-Blanche qu’une attaque terroriste était imminente. Juste un mois avant les attentats, le 6 août, Bush Jr et son équipe ont reçu un briefing du directeur de la CIA, George Tenet, intitulé «Ben Laden déterminé à frapper aux États-Unis» qui décrivait comment il avait l’intention de détourner des avions et que New York était une cible possible. Bush n’a rien fait. 

Une analyste du FBI à Minneapolis s’est même alarmée de la présence d’un Arabe au profil terroriste qui suivait des cours de pilotage centrés sur l’apprentissage du décollage. Elle a informé ses supérieurs à Washington, qui n’ont pas pris ses inquiétudes au sérieux.

Bush Jr a lui aussi répliqué stupidement en attaquant un ennemi de Ben Laden, Saddam Hussein, qui n’avait rien à voir là-dedans. Souvenez-vous de George W. Bush souriant devant l’affiche proclamant «Mission accomplie». Vingt ans plus tard, des soldats américains se battent encore en Irak. 

Des fuites préventives requises 

Il semble que le New York Times et des médias israéliens ont été mis au courant par une analyste dégoûtée de l’inaction de ses supérieurs pour prendre des mesures pour contrer l’attaque qui se préparait. Bravo. Ce qui est regrettable, c’est qu’elle n’ait pas coulé l’information plus tôt. 

Une fois le plan d’attaque du Hamas rendu public, il se serait abstenu d’aller de l’avant, croyant qu’Israël aurait immédiatement pris des mesures défensives.  

C’est un nouvel et solide argument pour que des initiés divulguent des informations secrètes aux médias quand l’inaction de leurs supérieurs met en danger la sécurité publique ou la sécurité de l’État.  

Nous avons vécu au Canada une situation comparable ces derniers mois. Si un membre du SCRS n’avait pas coulé au Globe and Mail et à Global News des informations circonstanciées sur l’ingérence chinoise au Canada, cela se serait poursuivi sans que le gouvernement Trudeau fasse quoi que ce soit pour y mettre fin.  

Et quand l’affaire a fait la une des médias, Justin Trudeau a tenté de dévier les blâmes en nommant un sympathisant chinois pour enquêter là-dessus. Heureusement, l’opposition aux Communes et les médias l’ont obligé à nommer une juge indépendante pour diriger l’enquête.





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