Liliane Gagnon a écrit une page d'histoire du ski de fond canadien en grimpant sur la plus haute marche du podium au relais mixte 4X5 kilomètres du championnat mondial des moins de 23 ans disputé dimanche matin à Planica en Slovénie.

Dans un finish à couper le souffle, Gagnon a coiffé la Française au sprint pour décrocher l'or avec une priorité de 0 s 7. La Suède a complété le podium 0 s 1 plus tard.

Quand Gagnon a pris le dernier relais, la fondeuse de 21 ans de l'équipe nationale accusait quatre secondes de retard sur le groupe de tête.

«C'est surréel, a lancé Gagnon qui était déjà en route pour un camp d'entraînement à Davos en Suisse en prévision des dernières coupes du monde de la saison. Ça n'arrive pas tous les jours que le Canada remporte un podium au championnat mondial. C'est encore plus fou de gagner l'or et de le faire en équipe.»

Crédit photo : Photo Courtoisie Ziga Zivulovir Jr

Seul membre de l'équipe canadienne qui a terminé en 6e place au mondial l'an dernier, compétition remportée par la France, Gagnon rêve à ce moment depuis un an.

« Comme d'autres pays, nous avions de bonnes chances de médaille, mais il fallait le faire, à-elle indiquée. Faire un podium est une chose, mais gagner l'or est une autre affaire. Je rêvais à ce moment depuis un an et ça s'est mieux passé que je pensais.»

Un entraîneur comblé

À Canmore pour la Coupe du monde, son entraîneur Louis Bouchard rayonnait tout en préparant les skis d'Antoine Cyr. «C'est fou de gagner au sprint, at-il mentionné. Toute l'équipe a fait un bon travail et encore plus Liliane qui a procuré la victoire au Canada au sprint. Bien placée à l'entrée dans le stade, elle était convaincue que personne n'allait la battre au sprint. C'est toute une journée.»

Cette médaille d'or est l'apothéose sur un championnat extraordinaire pour Gagnon qui a réussi trois Top 10 dans ses courses individuelles, dont une 5e place au 20 km style libre.

«Avec mes trois Top 10 et l'or au relais, c'est un scénario exceptionnel, at-elle déclaré. Tous les Canadiens rêvent à ce genre de performances, mais c'est tellement rare. On commence à croire en nos chances de plus en plus. Ma 9e place en Coupe du monde en Suisse m'a donné confiance et le plan était d'arriver au mondial au sommet de ma forme.»

Crédit photo : Photo fournie par Louis Bouchard

Justement, qu'est-ce qui est le plus gros entre cette 9e place face aux meilleures fondeuses de la planète et cette médaille d'or au mondial des moins de 23 ans ? «Sa 9e place en Coupe du monde face aux meilleures est plus impressionnante, a souligné Bouchard, mais c'est encore plus gros au mondial avec le cumulatif de ses trois performances individuelles et sa médaille d'or au relais. La relève est bonne et ça va encourager nos jeunes à Canmore pour la Coupe du monde.»

Bonne décision de rester en Europe

Compte tenu de sa 9e place en Suisse, Gagnon aurait pu rentrer au Canada et prendre le départ de la Coupe du monde à la maison, mais elle a respecté le plan initial. «Je n'ai jamais hésité, at-elle affirmé. J'étais à ma place au mondial. Ces moments vont rester imbibés dans ma mémoire pour toujours. Je ne suis pas inquiet que je vais pouvoir compétitionner en Coupe du monde au Canada plus tard dans ma carrière alors que mon admissibilité au mondial des moins de 23 ans se termine l'an prochain. Je serai de retour au mondial en 2025.»

Le quatuor canadien était complété par Derek Deuling, Jasmine Drolet, dont les parents sont natifs du Saguenay et qui s'est entraînée au Centre national d'entraînement Pierre-Harvey cet été pour la première fois, et Max Hollmann qui a fait tout un travail pour effacer 12 secondes du retard de 15 avant le dernier relais de Gagnon.

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