En voyant les cinq mascottes d'équipes de la LNH déambuler dans les couloirs et sur la patinoire du centre Vidéotron, samedi, dans le cadre du Tournoi international de hockey pee-wee de Québec, une question nous brûlait les lèvres : le commentaire devient-on la mascotte de l'une des 32 équipes du circuit Bettman?

Débarqués vendredi à Québec, NJ Devil (Devils du New Jersey), Louie (Blues de St. Louis), Hunter (Oilers d'Edmonton), Buoy (Kraken de Seattle) et Thunder Bug (Lightning de Tampa Bay) ont multiplié les pirouettes , les calins et les photos avec les gens réunis Vidéotron dans le cadre de la journée d'ouverture officielle du 64e Tournoi pipi.

Le Journal s'est entretenu avec deux d'entre elles: la mascotte des Oilers, Hunter, mais surtout – et heureusement – ​​celui qui l'interprète, Chad Spencer, ainsi qu'une autre qui a accepté de nous faire découvrir son monde à condition qu'il 'on respecte son anonymat, en raison d'une clause à son contrat.

Et ce monde a quelque chose d’absolument fascinant.

L'effet Gritty

Crédit photo : Photo Getty Images via AFP

Elles sont 30, au total, alors que seuls les Red Wings de Detroit et les Rangers de New York n'en ont pas. Ces toutous formats géants sont devenus un outil de promotion fort important pour les différentes équipes de marketing dans la LNH et l'explosion de popularité de la mascotte des Flyers, Gritty, il y a quelques années, l'a démontré. On y reviendra.

Aucune mascotte n'est plus populaire, ou à tout le moins, aucune n'obtient autant de visibilité que Gritty, l'impitoyable mascotte des Flyers de Philadelphie. Créé en 2018, Gritty est devenu un véritable phénomène sur les réseaux sociaux.

«Ç'a changé la donne, estime la mascotte anonyme. Ç'a réveillé les équipes sur à quel point elles ont pu tirer profit des réactions sur les réseaux sociaux. Gritty, il en vend des chandails! Au niveau marketing, ç'a démontré aux équipes qu'il y avait une plus-value à avoir une mascotte.»

Un travail à temps plein

Mascottes de la Ligue Nationale de Hockey, NHL en amphithéâtre lors du match des petits Remparts contre Team Ilinois, M13 AAA,, 64 édition du tournoi International de Hockey Pee-Wee, Centre Vidéotron, à Québec, le samedi 10 février 2024. Photo Agence QMI, PASCAL HUOT

Crédit photo : Photo Agence QMI, Pascal Huot

Ce qu'il faut tout d'abord comprendre, c'est que chaque équipe gère sa mascotte différemment. Si un peu plus des trois quarts des mascottes dans la LNH sont interprétées par la même personne, qui gagne sa vie en enfilant le costume, d'autres équipes emploient une petite équipe, qui se partage l'horaire et les apparitions.

Pour certaines, il peut s'agir d'un emploi très payant !

Chad Spencer a débuté dans le domaine, par un concours de circonstances, en 2006, lorsque la mascotte des Tigres de Medicine Hat dans la Ligue junior de l'Ouest a subi d'importantes blessures dans un accident de la route. Une connaissance à alors contacté Spencer, qui œuvrait déjà dans le monde du divertissement, ayant été acteur et magicien.

«Je travaillelais dans une usine où on fabriquait des pneus. Je gagnais 85 000$ par année, je n'étais pas à plaindre! Mais dès que j'ai enfilé le costume, j'ai su que c'est ce que je voulais faire de ma vie.»

Il a ensuite gravi les échelons, multipliant les auditions jusqu'à obtenir le rôle de Tux, la mascotte des Penguins de Wilkes-Barre/Scranton, le club-école des Penguins de la LNH. Puis, en 2017, après avoir essuyé le refus de plusieurs équipes de la LNH, les Oilers l'ont embauché pour devenir Hunter. Au passage, il avait participé à un « boot camp » pour mascottes, organisé par David Raymond, le premier à avoir porté le costume du légendaire Phillie Phanatic, la mascotte des Phillies de Philadelphie dans le baseball majeur.

«J'ai le meilleur emploi au monde. Je fais rire les gens, je vois des matchs de hockey et, en plus, je fais à peu près le double de ce que je faisais à l'usine de pneus!», lance-t-il sans filtre.

L'emploi ne consiste cependant pas simplement à défiler pendant les matchs. Chad Spencer estime faire 300 apparitions dans une année, dont dans des anniversaires ou des mariages.

Comme une équipe de hockey

Badaboom des Nordiques de Québec, Mascottes de la Ligue Nationale de Hockey, NHL dans amphithéâtre durant le match des petits Remparts contre Team Ilinois, M13 AAA,, 64 édition du tournoi International de Hockey Pee-Wee, Centre Vidéotron, à Québec, le samedi 10 février 2024. Photo Agence QMI, PASCAL HUOT

Crédit photo : Photo Agence QMI, Pascal Huot

S'il n'existe pas de « syndicat » des mascottes, puisqu'elles sont toutes gérées à la pièce par leurs équipes respectives, il existe cependant un « code », nous a expliqué l'autre mascotte qui préfère qu'on ne la nomme pas.

«C'est un peu comme une équipe de hockey. Toutes les mascottes étaient présentes au dernier match des étoiles et, dans le vestiaire, avant d'enfiler le costume, c'est vraiment une ambiance de vestiaire de hockey. Il y a les vétérans et les nouveaux et, contrairement aux joueurs qui jouent différentes positions, les mascottes jouent toutes un rôle différent et ont une personnalité différente», lance-t-il, ajoutant que la mascotte du Canadien, Youppi!, est un peu la légende du groupe, ayant été intronisée au Temple de la renommée des mascottes en 2019.

D'ailleurs, l'arrivée de Gritty s'est également déroulée dans un scénario digne d'un vestiaire de hockey.

«Quand ce costume a explosé, l'humain en dessous s'est un peu enflé la tête ! Un peu comme une jeune recrue qui rentre dans un vestiaire et se prend pour le roi de la place. Il a fallu le ramener un peu et il a compris. C'est un super bon gars qui a compris c'est quoi la différence entre le costume et l'humain.»

En contact chaque mois

Mascottes de la Ligue Nationale de Hockey, NHL en amphithéâtre lors du match des petits Remparts contre Team Ilinois, M13 AAA,, 64 édition du tournoi International de Hockey Pee-Wee, Centre Vidéotron, à Québec, le samedi 10 février 2024. Photo Agence QMI, PASCAL HUOT

Crédit photo : Photo Agence QMI, Pascal Huot

Les mascottes discutent entre elles chaque mois, au cours d'une conférence téléphonique, afin de se partager ce qui a fonctionné chez elles. Durant l'été, un congrès des mascottes de la LNH est également organisé.

«C'est une dynamique intéressante! Trente personnes avec un gros ego et beaucoup de personnalité qui se rencontrent, ça fait en sorte qu'il y a beaucoup d'action», lance Chad Spencer en riant.

Durant ces congrès, tous les sujets sont abordés, ne commentez pas laver son costume!

«On a aussi eu un conférencier qui nous a expliqué comment ils réussissaient à créer de l'engouement autour d'un personnage dans la WWE. Ils nous donnent des trucs sur ce qu'on peut faire pour aider chaque mascotte à progresser dans son marché», ajoute l'autre mascotte, sous son costume.

D'ailleurs, pour ceux qui se demandent pourquoi Youppi n'a pas fait le voyage jusqu'à Québec, c'est qu'il avait déjà des engagements avec le Canadien qui dispute deux matchs locaux cette fin de semaine, au Centre Bell.

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