Incapable de patiner en raison de la paralysie cérébrale, Xavier Sylvain vit néanmoins sa passion à temps plein pour le hockey comme entraîneur-adjoint des Corsaires de Pointe-Lévy qui représentent les petits Nordiques au Tournoi international de hockey pee-wee de Québec.

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La paralysie cérébrale consiste en des troubles chroniques qui concernent les mouvements du corps et la coordination musculaire. Ce handicap physique n'est pas progressif, mais il est irréversible.

«Ça ne m'a jamais empêché de faire ce que je veux, assure-t-il. Je ne veux pas que cette complication m'empêche de faire ce que j'aime. On a quelques hypothèses comme un manque d'air à la naissance ou une petite commotion cérébrale qui pourrait expliquer ma condition, mais on ne connaît pas avec certitude la raison.»

Crédit photo : Photo Didier Debusschère

Sur le point de terminer son baccalauréat en intervention sportive à l'Université Laval et désireux de poursuivre à la maîtrise par la suite, le jeune homme de 23 ans est impliqué comme entraîneur depuis six ans. Il s'agit de sa deuxième saison avec le programme sport-études des Corsaires. Il a fait ses débuts avec son père, Jonathan, dans les rangs bantam et midget.

«Je viens d'une famille de hockey et j'ai développé ma passion pour le sport au contact de joueurs qui sont devenus des amis pour la vie, at-il raconté avant le match face aux Islanders de New York. Je n'ai jamais joué au hockey, mais j'ai tenté de patiner, sans succès en raison de mes problèmes d'équilibre.»

Cinq opérations à l'hôpital Shriners pour enfants

Suivi à l'hôpital Shriners pour enfants du Canada basé à Montréal jusqu'à l'âge de 21 ans, Sylvain a subi une cinquième opération il ya trois ans qui lui rend la vie plus facile. «Ils m'ont «setté» pour la vie, image-t-il avec le sourire. Ils ont refait ma jambe droite en me cassant le fémur et le tibia. En raison de ma démarche, j'ai eu des problèmes de développement.»

«Maintenant que ma croissance est terminée et avec l'opération, le problème est résolu, d'ajouter l'étudiant en intervention sportive natif de Saint-Gilles de Lotbinière. Il y a cinq ans, une opération avait permis de couper 60 pour cent des nerfs de la moelle épinière. J'avais des raideurs quand je marchais et je devais toujours pointer mes orteils vers le haut. J'ai maintenant plus de mobilité, d'amplitude et mes articulations se sont assouplies.»

Des médecins de haut niveau

Sylvain tient en haute estime les docteurs réputés de l'hôpital Shriners. «Je suis extrêmement reconnaissant à l'endroit des médecins qui sont parmi les meilleurs au monde et qui ont optimisé mon physique. Il y a une grande pour la mobilité de mes bras et de mes jambes. Si j'ai un problème, je vais aller au privé, mais ma condition est adéquate et suffisante pour vivre une belle vie et ne nécessite pas de soins particuliers.»

Compte tenu des grands besoins, l'hôpital Shriners pour enfants arrête les soins à 21 ans, la majorité internationale.

Une idée géniale

Cette saison, Sylvain a eu une idée qui a complètement changé la dynamique avec ses joueurs. «Je ne sais pas comment ça je n'y avais pas pensé avant, souligne-t-il. J'ai installé des crampons sur mes bottes et ça me permet de me déplacer facilement. Parce que je suis plus près des gars, ça change mon implication. Auparavant, je demeurais sur le banc et je criais après les jeunes quand je voulais leur prodiguer des conseils. Ça change tout et les joueurs aiment bien ça.»

Sylvain n'est pas différent des entraîneurs de son âge. «C'est évident que je veux progresser dans le coaching. J'y vais un an à la fois et je ne regarde pas trop loin, mais c'est clair que c'est mon objectif. L'an prochain à la maîtrise, je veux continuer avec les Corsaires.»

Des joueurs respectueux

Comment les joueurs réagissent-ils à la condition de leur entraîneur ? « La question à un million, répond-il avec le sourire. J'ai rapidement gagné le respect des jeunes. Il n'y a jamais eu un jeune qui m'a manqué de respect ou qui s'est demandé comment ça il avait un coach handicapé. Au début, il y a un tabou, mais je leur réponds quand ils ont des questions. Mon parcours et mon caractère peuvent se transposer n'importe où dans la vie.»

Crédit photo : Photo Didier Debusschère

En retard 1-0 après deux périodes, les petits Nordiques ont marqué deux buts dans le dernier tiers, pour se sauver avec une victoire de 2-1, dimanche, à leur premier match. Leur parcours se poursuivra donc au Centre Vidéotron.

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