Destruction de leur habitat naturel, déclin des populations : les pressions sur les espèces migratrices dans le monde sont nombreuses. C’est ce qui ressort d’un tout premier rapport mondial sur le sujet, dévoilé lundi matin.

L’histoire de ce rapport en est une de déclin, explique Kelly Malsch, auteure principale du texte, produit par le secrétariat de Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage – aussi connue sous le nom de Convention de Bonn. L’entente internationale a été signée en 1979 et c’est la toute première fois qu’un rapport évalue les espèces protégées par la Convention, qui couvre un peu plus de 1200 espèces. Le Canada n’a jamais ratifié le traité.

Sans surprise, le portrait est assez sombre : 44 % des espèces qui sont protégées par la Convention ont vu leur population diminuer, et 90 % des poissons ont aussi connu un recul. Certaines espèces approchent le point de bascule, note Kelly Malsch. Elle se dit particulièrement préoccupée par le déclin observé chez les espèces de poissons, affectées par la surpêche et la prise accessoire.

Les deux plus grandes menaces pour les espèces migratrices sont la destruction de leur habitat et la surexploitation, d’après les conclusions du rapport. Trois espèces sur quatre protégées par la Convention sont menacées par la perte de leur habitat naturel, explique l’auteure principale du rapport. Et à ces pressions s’ajoutent aussi les changements climatiques et les divers types de pollution.

Le rapport fait aussi état de 400 espèces supplémentaires qui devraient être protégées par la Convention de Bonn et qui ne le sont pas actuellement, notamment des poissons et des oiseaux.

Les conclusions du rapport n’étonnent pas James Snider, du Fonds mondial pour la nature. Nous voyons les mêmes tendances avec la biodiversité, note-t-il. Et c’est peut-être ce qui est le plus préoccupant : nous reconnaissons ce problème, mais les tendances se poursuivent.

Ce sont des espèces spectaculaires, qui peuvent voyager sur de très longues distances, rappelle-t-il. James Snider fait remarquer qu’une des difficultés, avec les espèces migratrices, c’est le fait que les animaux traversent souvent plusieurs pays, et ils ont donc besoin d’une collaboration internationale pour préserver leurs habitats naturels, parfois à l’échelle d’un continent.

Un brin d’espoir

Malgré tout, le rapport fait poindre un peu d’espoir. Le déclin des espèces n’est pas inévitable, fait valoir Kelly Malsch. La conversation des habitats d’espèces migratoires et le rebond des populations est possible, ajoute-t-elle. Une douzaine d’espèces ont vu leur population rebondir après des efforts de conservation.

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