La CAQ poursuit sa chute et les deux autres partis d’opposition représentés à l’Assemblée nationale font du sur place. Les troupes péquistes ont de quoi à être aux anges! Mais elles sont probablement conscientes que rien n’est acquis jusqu’au scrutin. Voici trois défis auxquels elles devront faire face pour espérer gagner.

Premier défi: tenir le coup avec une petite équipe

Avec ses quatre députés, qui peuvent compter sur quelques employés politiques, pour la plupart jeunes en termes d’expérience, le PQ compose le 3e groupe d’opposition à l’Assemblée nationale.

Une série de bons coups, une stratégie et une attitude cohérente ainsi que d’autres facteurs qui lui sont externes ont fait en sorte de propulser le parti à la tête des récents sondages. Résultat ? Alors qu’il y a deux ans à peine, les péquistes devaient se battre pour avoir un petit rayon de lumière médiatique, on s’intéresse, on écoute et on sollicite maintenant le PQ.

Ils ont su être innovants avec leurs porte-paroles extraparlementaires, ils ont des militants motivés aux quatre coins du Québec, mais reste que cela fait beaucoup pour une si petite équipe.

Le PQ gagnera donc à ne pas jouer à l’opposition officielle. Il ne pourra pas se positionner fortement sur tous les projets de loi et sur toutes les politiques du gouvernement. Il ne pourra pas travailler dans toutes les commissions parlementaires.

La langue, la culture, l’immigration et certains des enjeux sur lesquels il peut se démarquer, par exemple les écrans chez les jeunes, feront partie du menu de priorités resserré avec lequel le PQ se rendra à 2026 sans péter au frette. Une petite équipe agile qui mise sur une stratégie de «politique guérilla», avec des frappes ciblées jusqu’à la grande bataille de 2026.

Deuxième défi: assumer l’indépendance

Résolu à ne plus faire de concessions et de contorsions sur la question de l’indépendance comme l’ont fait ses prédécesseurs, PSPP a clairement indiqué que l’élection d’un gouvernement du PQ voudrait dire un référendum dans un premier mandat.

Or, dans les intentions de vote actuelles, environ le quart des électeurs qui appuient le PQ n’appuie pas l’idée de l’indépendance. C’est un problème! Que doit-on en comprendre? Les gens se cherchent une alternative à la CAQ et ils la trouvent, pour l’instant, en ce PQ «dans le vent», avec son chef sympa. Plus nous nous rapprocherons de l’élection, plus la question deviendra réelle pour les électeurs. Est-ce que certains pourraient prendre peur?

Dans la population en général, l’appui à l’indépendance tourne généralement autour de 35%.

On constate néanmoins un changement d’ambiance. Il y a quelques années à peine, la simple mention de la souveraineté suscitait du rire, du mépris ou de la pitié. La souveraineté avait quelque chose de ringard, de boomerde perdant.

Maintenant, pour beaucoup, c’est l’indifférence plutôt que le mépris ou la peur. Chez d’autres, on constate de la curiosité et de l’ouverture. Les nouvelles générations n’ont pas connu les mélodrames référendaires, qui sont maintenant loin derrière nous. D’ailleurs, le PQ récolte 27% du vote des jeunes selon le dernier sondage Léger !

Et, n’en déplaise aux fédéralistes les plus convaincus, l’idée demeure et demeurera d’actualité aussi longtemps que notre peuple existera. Le boulet référendaire n’a pas disparu, mais serait-il devenu moins lourd à porter?

Monter une équipe forte de candidats

Les quatre mousquetaires font du bon boulot, mais il est encore difficile d’imaginer un conseil des ministres péquiste. PSPP devra s’entourer d’une équipe forte, une équipe renouvelée qui peut gérer le Québec avec sérieux. Diriger l’État, c’est plus que de faire de bons coups médiatiques. Cela prendra des personnes compétentes, notamment en matière de finances et d’économie.

Une chose est sûre, il est certainement plus facile de recruter des bons candidats et futurs ministres quand on est tout en haut des sondages! Les péquistes doivent battre le fer pendant qu’il est chaud.

2026 est encore loin et on sait que la politique nous réserve toujours des surprises. Le PLQ se dotera éventuellement d’un.e chef.fe, François Legault pourrait décider de passer le flambeau, qui sait. Mais si le Parti québécois réussit à se maintenir plus de six mois à la tête des intentions de vote, cela démontrera un mouvement plus profond qu’une simple saute d’humeur.

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