Catherine Nadon et Léa Gaboriaud, deux Sherbrookoises, prendront part aux Olympiques de Paris, mais pas parce qu'elles font partie de l'élite de leur sport… La première travaillera aux compétitions de tennis de table alors que la deuxième sera bénévole au Stade Yves-du-Manoir où auront lieu les matchs de hockey-sur-gazon.

Si Catherine Nadon baigne dans ce type d'événements depuis longtemps, pour Léa, il s'agira d'un grand baptême de compétitions internationales. La première a, en effet, une longue feuille de route d'expériences acquises dans le monde des événements sportifs tant à l'international que local. Mais c'est la première fois qu'on lui donnera un chèque de paye pour œuvrer.

Celle qui enseigne le français à l'École Alexander-Galt prépare depuis quelques années déjà son implication aux prochains Olympiques. Je prépare mon congé différé depuis trois ans. Je voulais vraiment travailler pour les Jeux de Paris. J'avais planifié que j'allais être choisidit-elle en riant.

C'était un jeu d'argent de dire que, dans le pire des cas, je serais seulement bénévole. Mais j'ai tout fait pour être engagé.

Pour arriver à son but, Catherine Nadon a adapté son curriculum vitae à la française et elle a multiplié les entretiens en visioconférence avec l'organisation parisienne. Et ça a fonctionné! Ils voulaient que je commence à travailler en septembre dernier, mais mon congé différé commençait uniquement en février. Je leur ai demandé s'il y avait un contrat qui commençait en 2024. Il y en avait, mais je devais refaire le processus de sélectiondit-elle.

C'est le 22 décembre dernier que la bonne nouvelle est finalement arrivée dans sa boîte de courriels. C'était extraordinaire! Il fallait que je renvoie les papiers signés en moins de 20 minutes parce qu'avec le décalage et tout, j'allais passer tout droit. Ça a été un très beau cadeau de Noël et ça a très bien terminé l'année 2023.

Coordonnatrice au tennis de table

Les compétitions de tennis de table auxquelles Catherine Nadon participera auront lieu à l'Aréna Paris Sud anciennement appelée Paris Expo Porte de Versailles. Les sept pavillons de l'endroit de 215 000 mètres carrés, qui accueillent en temps normal des congrès et des expositions comme le Mondial de l'automobile, ont été transformés pour les Olympiques. Le pavillon où sera installé le tennis de table peut accueillir jusqu'à 8000 spectateurs.

Photo : Clément Dorval/Ville de Paris

Catherine Nadon sera donc coordonnatrice des fédérations internationales et des équipes techniques au tennis des tables, des compétitions qui auront lieu à l'Aréna Paris Sud qui est située dans le 15.e arrondissement. C'est par hasard que je me suis retrouvée dans ce sport. J'ai un CV de bénévole, mais il fallait présenter aussi un CV d'athlète. C'est là qu'ils ont vu ma carrière en tennis de table. Il y a plein de technicités qu'ils n'auront pas à m'expliquer vu que je connais le sport.

Ce sera une troisième présence olympique pour Catherine qui a été bénévole à Vancouver et à Rio au Brésil. J'ai aussi fait plusieurs championnats du monde et Jeux panaméricains. C'était plus facile en raison de la saison ou de mes congés.

Catherine Nadon derrière les médailles olympiques

Le bénévolat de Catherine Nadon dans des manifestations sportives internationales a commencé aux Jeux olympiques de Vancouver. «J'ai eu la piqûre pour le bénévolat sportif international!»

Photo : Courtoisie

Et la question qui tue : est-ce que c'est payant de travailler aux JO? Le salaire est en fonction de votre expérience. Je vais avoir un bon salaire, mais la vie coûte cher à Paris. Les appartements sont super chers. Même si je ne fais pas ça pour l'argent, avoir un salaire, je suis bien d'accord avec ça!dit-elle en éclatant de rire.

D'ici là, Catherine Nadon donne un coup de main aux Jeux du Québec qui aura lieu dans trois semaines à Sherbrooke comme bénévole.

Une première expérience à l'international

Léa Gaboriaud qui sourit à la caméra.

Léa Gaboriaud compte mettre son expérience acquise aux Jeux du Québec à Sherbrooke au profit des Olympiques à Paris où elle sera bénévole.

Photo : AFP / Jeux du Québec

Léa Gaboriaud, elle, est tombée dans la marmite des événements sportifs en 2015 lors des Jeux du Québec de Montréal où elle était bénévole. Depuis, elle a toujours été impliquée dans ce monde-là. Tellement, qu'elle a même fait ses études dans le domaine de l'événementiel. D'ailleurs, aux Jeux de Sherbrooke, elle occupe le poste de coordonnatrice à la planification et à la logistique.

La période d'inscription pour démontrer son intérêt à donner du temps aux JO de Paris était très courte. Je m'étais abonné aux infolettres pour être certain de ne pas noter le moment. Ça a duré que trois semaines. J'ai appliqué en mars 2023 pour faire partie de l'équipe de bénévoles et j'ai reçu ma réponse en décembre dernier que j'avais été acceptée. C'était un long formulaire à remplir. Ensuite, il y avait un long sondage psychométrique à remplir. C'était une centaine de questionsexplique-t-elle.

Une fois les documents remplis, le site a généré des propositions liées aux intérêts de Léa Gaboriaud. Honnêtement, ça correspondait vraiment à ce que je voulais faire. Finalement, je vais être là du 15 juillet au 11 août. Mon titre est équipier de transport. J'ai eu une petite description de mon poste, mais je n'ai pas encore tout compris ce que j'allais faire. Mais comme j'arrive le 15 et que les Jeux commencent le 26, je pense que je vais aussi aider au montage du site, guider les camions quand ils arriveront avec le matériel.

Un croquis du Stade Yves-du-Manoir

Le Stade Yves-du-Manoir de Paris accueillera les compétitions de hockey-sur-gazon. C'est la deuxième fois que des compétitions olympiques s'y dérouleront. En 1924, ce stade était au cœur des compétitions d'athlétisme et les cérémonies d'ouverture y étaient présentées. Au total, 15 000 personnes pourront assister aux matchs.

Photo : Jeux olympiques de Paris 2024

Même si elle donne beaucoup de son temps à cette compétition d'envergure, Léa Gaboriaud doit défrayer les coûts liés à son hébergement et à son transport pour se rendre dans la capitale française. Une fois arrivée sur place, les Jeux vont m'offrir le transport local, la nourriture pendant mes quarts de bénévolat et des vêtementsraconte-t-elle.

C'est un ami de sa famille qui l'hébergera pendant le mois où elle sera à Paris. Mais chaque jour, Léa devra faire une heure de transport en commun pour se rendre au lieu de son bénévolat.

Ils ont reçu 300 000 candidatures pour être bénévoles. Ils en ont seulement pris 45 000. J'ose croire que mon expérience m'a donné un petit plus pour être choisi.

Un tremplin vers leur rêve

Une médaille est suspendue à la structure de la tour Eiffel.

Catherine et Léa n'auront peut-être pas une médaille d'or des Jeux de Paris 2024 au cou, mais leur expérience sera très chère à leur cœur.

Photo : Comité organisateur des JO de Paris 2024

Les deux Sherbrookoises se croisent les doigts très fort que leur expérience parisienne soit un tremplin vers quelque chose de plus grand encore. Et pourquoi pas même au Comité international olympique ! C'est le rêve ultime ! C'est dans les airs. C'est dans l'univers. Mon rêve ultime, c'est de déménager en Europe et travailler au Comité international olympique. S'il faut que je déménage à Genève, je vais me sacrifier!assure Catherine Nadon.

Même son de cloche du côté de Léa Gaboriaud. Un jour, j'aimerais travailler au sein d'une organisation de Jeux olympiques. Les Jeux du Québec, c'est un bon début pour ça. Qui sait qui je vais rencontrer là-bas ? Je peux avoir des contacts intéressants. L'organisation d'événements sportifs, j'aime vraiment ça alors j'aimerais ça continuer là-dedans.

Une chose est certaine, c'est que peu importe ce que l'avenir leur réserve, l'été 2024 restera à jamais marqué dans leurs souvenirs.

Ça va vraiment être une belle expérience! Professionnellement, ça va m'aider et personnellement, ça va m'apporter beaucoup. Je suis vraiment contente et j'ai vraiment hâte de vivre ça. J'espère aussi que ça va me donner l'occasion de faire du bénévolat pour d'autres Jeux olympiques si je ne suis pas impliquée dans le comité d'ici là!

Quelques chiffres sur Paris 2024

  • 45 000 bénévoles
  • 10 500 athlètes
  • 4350 athlètes paralympiques
  • 206 délégations
  • 13 millions de spectateurs attendus
  • 4 milliards de téléspectateurs
  • 100 000 heures de diffusion télé
  • 20 000 journalistes accrédités
  • 4800 salariés au sein du comité organisateur

Source : paris2024.org

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