Québec reproche à la Fédération autonome de l’enseignement de demeurer inflexible sur l’affectation des classes. Le syndicat, lui, estime que cette déclaration nuit au climat des négociations et poursuit sa grève générale illimitée.  

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L’espoir d’une fin imminente du conflit, entrevu vendredi soir dernier, a fait place à une nouvelle impasse lundi matin. 

Après avoir reçu une offre patronale jugée «intéressante», mais insuffisante à la fin de la semaine dernière, la FAE a présenté une contre-proposition samedi. 

Mais à Québec, celle-ci est jugée irrecevable. Le gouvernement Legault réclame de pouvoir attribuer les classes aux enseignants dès le printemps, plutôt qu’au moment de la rentrée scolaire, en septembre. 

«Malheureusement, le syndicat reste sur ses positions et n’a rien mis dans sa contre-offre concernant la souplesse», a déclaré la présidente du Conseil du trésor, dans une déclaration écrite.  

Sonia LeBel soulignait avoir fait, pour sa part, des «ouvertures importantes» sur «plusieurs enjeux prioritaires pour le syndicat, comme l’autonomie professionnelle et la composition de la classe».

Le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, a également déploré l’intransigeance de la FAE, alors que Québec a jeté du lest. «En retour, on demande à ce qu’on puisse avoir des rentrées scolaires qui sont agréables pour les enfants», dit-il. 

«On veut que les profs soient affectés à leurs classes avant de partir pour les vacances de l’été, pour qu’au retour des vacances de l’été les enfants sachent avec quel enseignant, quelle enseignante, ils vont pouvoir commencer l’année scolaire», affirme-t-il. 

Feu aux poudres

La déclaration de Mme LeBel a fait bondir la présidente de la FAE, Mélanie Hubert. 

«Il faut se donner le temps aux tables et, cette interférence-là, aujourd’hui, à mon avis, elle est nuisible à ce qui se passe à nos tables de négociation», a-t-elle déclaré, quelques minutes avant le début d’une manifestation qui devait se terminer devant le bureau du premier ministre François Legault, à Montréal. 

La FAE reconnaît que des gains ont été faits sur la composition des classes, mais veut s’assurer que des correctifs seront apportés systématiquement lorsqu’un groupe comprendra trop d’élèves en difficulté ou à besoins particuliers. 

«La partie patronale ne veut pas prendre d’engagements là-dessus», dit Mme Hubert.

Pour la syndicaliste, la déclaration de Sonia LeBel démontre que la grève générale illimitée, qui touche 40% des écoles, risque de se poursuivre encore cette semaine. 

«À entendre la sortie qui a été faite ce matin, on peut imaginer qu’effectivement ce sera difficile d’arriver à une entente prochainement», a-t-elle déclaré. 

Flexibilité

La FAE affirme avoir fait des propositions qui vont dans le sens d’une plus grande flexibilité, mais souligne du même souffle que de revoir le système des affectations est «très complexe». 

Les demandes de Québec, selon Mme Hubert, incluent «d’arrêter de faire des affichages après le premier juillet, de redonner plein droit aux directions de faire ce qu’elles veulent avec les postes, au détriment de nos gens précaires». 

«Ils demandent aussi de retirer du monde des listes de priorité s’ils refusent des contrats qui ne sont pas à leur goût», a-t-elle ajouté. 

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