Un octogénaire de la Montérégie rattrapé par des agressions commises sur son frère il y a 65 ans pourrait bientôt prendre le chemin de la prison après de longues procédures.

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«C’était un enfant qui était laissé à lui-même dans la situation familiale dans laquelle il était. On l’avait confié au grand frère en pensant qu’il serait en sécurité», a souligné la procureure de la Couronne, Claudie Gilbert.

Elle a réclamé entre trois et quatre ans de prison lors des plaidoiries sur la peine d’un homme de 86 ans, lundi matin, au palais de justice de Saint-Hyacinthe. On ne pourra le nommer afin de protéger l’identité du plaignant.

Me Brigitte Martin, qui représente l’accusé, espère une sentence dans la collectivité de 18 à 24 mois.

Il pourrait également verser 2000$ à un organisme venant en aide aux victimes d’infractions à connotation sexuelle.

Maman était malade

Selon la poursuite, l’accusé aurait commencé à abuser de son frère vers l’été de 1958, alors qu’il était dans la vingtaine. 

Comme leur mère était malade, il était responsable de la victime.

Avec en moyenne de deux à trois agressions par semaine sur une période d’un an et demi à deux ans, il pourrait avoir sévi jusqu’à 300 fois, a calculé la Couronne.

«La victime parle de masturbation répétée, à un point où ça lui cause des douleurs [et] qu’il pense qu’il va perdre connaissance», a entre autres illustré Me Gilbert. 

C’est seulement en 2019 que le délinquant a été rattrapé par le passé et s’est retrouvé devant le tribunal. 

Grâce à des contestations judiciaires, le frère indigne est parvenu à forcer la tenue d’une enquête préliminaire, une étape visant à déterminer si la Couronne a assez de preuve pour un procès.

Il a finalement plaidé coupable au seul chef d’accusation le visant plus tôt cette année, au premier jour du procès.

Honteux

Celui dont la santé ne serait pas un enjeu prétendait toutefois avoir brisé la loi une seule fois. 

Le tribunal a plutôt retenu la version de la victime, qui a décrit en cour les agissements de l’agresseur.

«Des remords, ça passe par la reconnaissance de ce qu’on a fait», a martelé Me Gilbert.

Le plaidoyer de l’accusé a tout de même facilité la suite des procédures, a plaidé de son côté Me Brigitte Martin.

«Ce type d’infraction […] est très honteux pour les accusés, a-t-elle souligné. Inévitablement, ça prend un certain temps avant d’être capable de le reconnaître, et il y a un cheminement qui doit se faire.»

L’avocate a également avancé qu’une période d’incarcération ne compenserait pas les séquelles subies par la victime.

  • Le juge Marc-André Gauthier doit rendre sa décision à la fin du mois de février.

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