«Même si on me donnait 1 M$ par année pour faire la même job, dans les mêmes conditions, je ne reviendrais pas.» 

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Edith Lamoureux a enseigné au secondaire en histoire et géographie dans la région de Gatineau pendant 17 ans.

Pendant des années, elle a lutté contre la «fatigue chronique» qui s’est installée, à force d’enchaîner les semaines de 60 heures à tenter de répondre aux besoins «tellement criants» des élèves, aux demandes des parents, au manque de ressources. 

«On est pressé comme un citron chaque jour. On doit enseigner, gérer la classe, on est toujours en état d’hypervigilance et à la fin de la journée, on est complètement crevé même si notre journée n’est pas terminée. Et même quand on est en congé, on est incapable de décrocher», dit-elle.

Au fil des ans, Mme Lamoureux a commencé à développer des troubles anxieux et dépressifs.

«J’ai beaucoup, beaucoup tardé avant de quitter. Ça faisait un an et demi que mon médecin me disait: “Il faut que tu prennes une pause, tu n’es pas invincible”. Mais je me sentais donc coupable, je ne voulais pas abandonner mes élèves, je ne voulais pas abandonner mes collègues.»

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C’est après avoir vu partir une collègue d’expérience, qui n’avait jamais craqué auparavant, que Mme Lamoureux s’est permis «de mettre un genou par terre».

L’enseignante est partie en congé de maladie en février 2022. «Quand j’ai jeté un dernier regard à ma classe, je le savais que j’étais tellement dans le fond du baril que c’était très peu probable que je revienne.»

En août, elle a démissionné pour accepter un contrat temporaire dans la fonction publique, même si elle n’avait aucune garantie de prolongation. «Je ne pouvais absolument pas retourner», dit-elle.

Son contrat s’est finalement transformé en poste et elle ne reviendrait jamais en arrière.

«La fonction publique, c’est un monde de différence. On est apprécié, traité avec respect. J’ai vécu un grand clash quand je suis arrivée. J’avais comme de la difficulté à accepter toute la considération qu’on avait pour moi», raconte-t-elle.

Dans une publication sur les réseaux sociaux qui a beaucoup circulé au cours des dernières semaines, Mme Lamoureux a tenu à appuyer le mouvement de grève de ses anciens collègues, affirmant que le temps est venu de redresser la barre en éducation.

«Pour plusieurs enseignants comme moi, il est déjà trop tard. Mais plusieurs milliers d’autres attendent de voir le dénouement de ces négos pour décider s’ils quittent le réseau.»

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