Des enfants ont témoigné mercredi à Dubaï de l’impact dévastateur du réchauffement de la planète sur leurs vies, appelant les dirigeants du monde à agir face à «l’effondrement climatique».

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En Libye, ravagée par des inondations meurtrières il y a trois mois, «les enfants ont peur lorsqu’ils entendent le bruit de la pluie», a raconté une adolescente, Rifan Ahmad, l’un des quatre jeunes de 13 ans à 16 ans invités par l’Unicef à faire entendre leurs voix à la 28e conférence de l’ONU pour le climat (COP28).

«Les inondations, les tremblements de terre et les incendies, moi j’appelle ça un effondrement climatique (…) car en Libye tout allait bien et, en un instant, tout s’est effondré», a dit Rifan, 13 ans, en parlant de cette «nuit terrible» où les eaux ont tout emporté dans sa ville de Derna, dans l’est de ce pays.

Les pluies torrentielles qui se sont déversées au moment du passage de la tempête Daniel le 10 septembre dernier y avaient fait plus de 4 200 morts.

Emmanuel Jidisa, quant à lui, dormait chez lui à Kinshasa, lorsque sa maison a été inondée.

«Mes petits frères et sœurs ont passé toute la nuit à moitié nus, dans le froid et la pluie à pleurer», a témoigné cet adolescent de 16 ans.

Plus de 160 personnes avaient péri dans les pires inondations qu’a connues la capitale du de la RDC, il y a un an.

«Où irons-nous ?»

Rifan Ahmad et ses camarades ont tous dit rêver d’un monde où ils pourraient manger, boire et aller à l’école «sans s’inquiéter des inondations, des tempêtes et des vagues de chaleur».

À tour de rôle, ils ont exhorté les décideurs réunis à Dubaï jusqu’au 12 décembre à prendre des «mesures urgentes» pour lutter contre la crise climatique.

«Dans mon pays, le Madagascar, nous avons des cyclones tous les ans, qui détruisent de nombreuses maisons et écoles. Si nos écoles et nos maisons sont détruites, où irons-nous, que va-t-il nous arriver ?», s’est interrogé Lova, un garçon de 13 ans.

Certaines régions de cette île souffrent aussi de la sécheresse, a-t-il poursuivi. Des enfants manquent d’eau et de nourriture, ils «perdent espoir (…) Nous devons changer cela».

Un milliard d’enfants dans le monde sont exposés aux phénomènes climatiques extrêmes liés au réchauffement de la planète, selon l’Unicef qui a appelé à placer les droits des enfants au centre des débats de la COP28.

Les plus jeunes «sont particulièrement vulnérables à la pollution, aux maladies mortelles et aux conditions météorologiques (…). Pourtant, leurs besoins et leurs points de vue sont presque totalement absents des politiques» en matière de climat, a déploré cette organisation.

Les représentants d’environ 200 pays négocient à Dubaï pour parvenir un accord mondial sur le climat mais les discussions s’avèrent difficiles notamment sur le sort du pétrole, du gaz et du charbon, responsables des deux tiers du réchauffement.

«Si l’on ne s’attaque pas directement à la crise, ce sont les enfants qui en subiront les conséquences, en particulier ceux qui vivent dans les régions du monde les plus menacées», a prévenu l’organisation Save the Children.

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