Un jeune de 18 ans de Laval qui se bat depuis deux ans contre un rare et agressif cancer du côlon devra maintenant se faire retirer des organes pour vaincre une fois pour toutes la maladie, qui touche surtout les adultes.

«Je suis confiant. Je vais entrer dans la salle d’opération avec le sourire et ressortir avec mes amis autour de moi», lance Justin Di Narzo, qui doit se faire retirer le côlon et la vessie dans quelques jours pour enrayer son cancer.

Et parmi les premières personnes à qui il compte donner de ses nouvelles: Carey Price et Cole Caufield, les deux joueurs vedettes du Canadien avec qui il échange des textos depuis qu’il les a rencontrés.





Justin Di Narzo, qui combat un cancer du côlon, avec Cole Caufield.


PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE

Il y a deux ans, à quelques mois de la fin de son secondaire, sa vie a basculé. Des symptômes qu’il banalisait ont finalement révélé qu’il avait un cancer du côlon, ce qui est extrêmement rare chez les enfants.

Déjà des métastases

«On n’en voit même pas un par année», souffle l’hématologue-oncologue pédiatrique à l’Hôpital de Montréal pour enfants, Dre Catherine Goudie, qui a suivi Justin. Ses symptômes n’avaient rien de spécifique, dit-elle, ne laissant pas présager une situation aussi grave.

Mais le cancer était déjà en stade avancé, avec des métastases au foie.

Un tel cancer avait besoin d’un traitement puissant. Justin a subi de la radiothérapie, quatre opérations et 12 cycles de chimiothérapie. 

Il a perdu plus de 25 kilos et sa deuxième opération l’a cloué au lit deux semaines. Réapprendre à marcher est ce qu’il a trouvé le plus dur, confie-t-il.

Mais il était déterminé à aller chercher son diplôme d’études secondaires devant ses amis, ce qu’il a réussi, après avoir repoussé ses examens du ministère.

Pour la Dre Goudie, Justin est un patient «incroyablement résilient et courageux».



GEN-JUSTIN-DINARZO


Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

Car malgré les intenses traitements, son cancer n’avait pas dit son dernier mot. Même s’il avait cessé de croître, il s’accrochait.

C’est pourquoi le jeune homme subira la semaine prochaine une exentération pelvienne, pour retirer les organes touchés, éliminer toute trace de la tumeur et prévenir son retour. « C’est sa chance de guérison », souhaite son oncologue, Dr Jamil Asselah.

Justin est prêt et, surtout, il a hâte de retrouver une vie normale, malgré la stomie avec laquelle il devra composer.

Vivre ses 18 ans

«Je veux avoir 18 ans, sortir avec mes amis, m’amuser», dit-il. Car ses amis, poursuit-il, ont été là pour lui dans les moments difficiles. 



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Justin Di Narzo avec Carey Price, lors de sa visite chez le gardien de but.


PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE

Tout comme ses idoles du hockey. Carey Price l’avait même invité chez lui, où ils ont discuté de sa carrière assis dans sa cuisine. Et il garde précieusement toutes les photos et tous les objets signés par lui et Cole Caufield.

De plus en plus de jeunes avec des cancers du côlon, craint un spécialiste

Un oncologue de Montréal s’inquiète de voir de plus en plus de cas de cancers du côlon chez de jeunes patients, alors que la maladie touchait presque exclusivement les personnes de 50 ans et plus.

«Il y a quelque chose qui se passe et il faut qu’on commence à s’en occuper sérieusement», plaide l’oncologue Jamil Asselah, du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Historiquement, plus de 90% des cancers du côlon touchaient les personnes de 50 ans et plus, dit le Dr Asselah. Ils étaient extrêmement rares à 30 ans et exceptionnels à 18 ans.

Plus comme dans les livres

«Ces derniers temps, je vois de plus en plus de jeunes dans ma clinique […] Je ne sais pas les pourcentages, mais ce ne sont plus les pourcentages historiques dans les livres de médecine», note le spécialiste.

Selon lui, dorénavant, de 15 à 20% des cas de cancers du côlon affectent des personnes de moins de 50 ans. «Ce n’est pas juste au Québec, c’est dans toutes les sociétés développées», poursuit le Dr Asselah.

Il estime qu’il faudrait de la recherche afin d’en percer la cause, mais selon lui, des pistes d’explications existent dans les produits chimiques présents dans l’environnement ou la malbouffe et qui viennent troubler la flore intestinale.

Or, les cancers chez les personnes plus jeunes ont tendance à être plus agressifs, d’où l’importance de les déceler tôt.

Être vigilant

Le Dr Asselah appelle les gens à être vigilants vis-à-vis des symptômes, comme des saignements.

Justin Di Narzo, qui combat un cancer du côlon à 18 ans, déplore lui aussi d’avoir trop tardé avant de parler de ses symptômes. «Je ne pensais jamais que c’était grave», dit-il, malgré des épisodes de constipation, des douleurs abdominales et une perte d’appétit, notamment.

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