Christian Dubé veut en finir rapidement avec sa réforme du réseau de la santé parce qu’il est «fatigué», selon le Parti Québécois.

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«C’est épuisant être à la tête du réseau de la santé avec les problèmes qu’on connait et avec l’effondrement qui se produit devant nos yeux depuis trois ans. Puis, il était là pendant la pandémie… je suppose qu’il est fatigué. Il a travaillé fort au cours du dernier automne, donc visiblement il veut sortir de commission», a affirmé le député péquiste Joël Arseneau en conférence de presse au parlement, jeudi matin.

«Moi, je pense que ce sont des raisons personnelles qui peuvent se défendre, mais ce n’est pas la raison d’État, a poursuivi M. Arseneau. La raison d’État, c’est d’adopter le meilleur projet possible.»





Le député péquiste Joël Arseneau


Photo d’archives

Le gouvernement Legault a proposé mercredi de siéger en commission parlementaire trois jours la semaine prochaine afin de poursuivre l’étude du projet de loi 15, puis de procéder à son adoption jeudi, une offre rejetée par le PQ.

«C’est du marketing politique de la part du gouvernement qui dit: “je veux imposer le bâillon aux oppositions, mais je veux qu’elles soient consentantes”. Nous refusons de jouer dans cette espèce de pièce à con que le gouvernement nous a tendu», a pesté le député Arseneau.

Les péquistes se disent prêt à revenir siéger la semaine prochaine, mais ils refusent catégoriquement d’accepter d’adopter l’imposante réforme du ministre Dubé jeudi prochain.

Ce refus a provoqué des tensions entre les partis d’opposition. Sur le fond, Québec solidaire est d’accord avec le PQ, mais ils voient la proposition du gouvernement comme un moindre mal, puisque trois jours de travail supplémentaire permettront au moins d’améliorer un projet de loi autrement très imparfait à leurs yeux. 

Les libéraux, toutefois, ont fait une sortie en règle contre les péquistes, qu’ils accusent de nuire à la bonne suite des travaux. 

«Je ne leur faisais pas grief avant aujourd’hui de ne pas être là la majorité du temps sur le projet de loi no 15, mais de nous dire : pas de consentement, puis on vient de vous empêcher de travailler trois jours de plus, là, je leur fais grief. Pourquoi nous empêcher de travailler?» a lâché le chef intérimaire du PLQ, Marc Tanguay. 

Ce commentaire n’était pas du goût de Joël Arseneau, qui a répliqué qu’il doit partager son temps entre l’étude de trois projets de loi sur deux commissions différentes. Il dit également ne pas comprendre la position des libéraux. 

«C’est un carcan législatif que le gouvernement veut nous imposer, puis les libéraux en redemandent!», a-t-il lancé sur un ton indigné. 

Face aux craintes exprimées par les partis d’opposition, le gouvernement leur a fait une nouvelle offre un peu plus tard jeudi. Il propose désormais quatre jours d’étude la semaine prochaine, en vue d’une adoption de la réforme vendredi, une idée que le PQ a rejetté aussitôt. «Nous refusons l’imposition d’une date butoir», ont-ils écrit dans un message transmis à l’Agence QMI.   

Pendant ce temps, l’autre importante réforme sur laquelle planchait le gouvernement cet automne, celle du ministre Bernard Drainville en éducation, a été adoptée sans embûche.  

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