Un homme qui a partagé des fichiers de pornographie juvénile sur Facebook et qui a été arrêté deux ans plus tard parce qu’il s’en allait au zoo avec des enfants en attendant son procès, alors que cela lui était interdit, espère retrouver sa liberté pour Noël.

«J’ai beaucoup de regrets. En allant sur ces sites, je n’ai pas réalisé l’ampleur des dégâts que ça pouvait faire», a témoigné Manuel Luis jeudi matin au palais de justice de Montréal. 

Ce serrurier de Montréal-Nord implorait ainsi la juge Roxane Laporte de le libérer lorsqu’elle rendra sa sentence, en raison des derniers mois qu’il a déjà passés en prison. 

«Depuis que je suis en prison, j’ai eu beaucoup de temps pour réfléchir et faire une introspection. J’ai pu comprendre que c’est vraiment très, très mauvais ce que j’ai fait», a-t-il indiqué depuis le box des accusés.

Luis s’était fait pincer une première fois en 2020 à la suite d’un signalement de Facebook concernant un consommateur de pornographie juvénile qui partageait des fichiers sur sa plateforme. Les enquêteurs avaient pu remonter jusqu’à l’homme de 53 ans, qui avait été mis en état d’arrestation rapidement.

On avait alors retrouvé dans l’ordinateur de Luis plus de 14 500 photos et 1200 vidéos de pornographie juvénile, représentant pour la plupart des enfants prépubères. 

Récidive

Après sa comparution, l’homme avait été remis en liberté sous d’importantes conditions. 

Mais deux ans plus tard, le Service de police de la Ville de Montréal a reçu un signalement provenant des États-Unis concernant un individu partageant des fichiers de pornographie juvénile. Il s’agissait encore de Luis. 

Lorsque les policiers se sont rendus au domicile de l’accusé afin de procéder à son arrestation, ils l’ont vu partir avec un chien en laisse. Il a alors été pris en filature et a été arrêté dans sa voiture en présence d’enfants de trois et sept ans, en route vers le zoo. 

Selon ses conditions de remise en liberté, Luis n’avait pas le droit d’être en présence d’enfants ni de chiens, parce qu’il était à l’origine accusé de bestialité. Les accusations ont toutefois été depuis retirées.

Les policiers ont aussi retrouvé chez lui plus de 6000 photos et 3000 vidéos de pornographie juvénile, même si Luis n’avait pas le droit d’avoir un accès à internet en attendant son procès. 

«La pornographie juvénile est très intense, de type “hardcore”», a noté la procureure de la Couronne Me Karine Lagacé-Paquette. 

Elle a donc demandé que Luis obtienne une peine de quatre ans de prison. 

«Le peu d’introspection de l’accusé nous indique que le risque de récidive ne peut être écarté», a-t-elle fait valoir. 

La juge Laporte rendra son jugement à la fin décembre. 

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