C’est la plainte la plus entendue depuis deux ans: la nourriture coûte cher! Facile à comprendre: nous avons vécu la pire période d’inflation depuis des décennies. Et sur les aliments, le taux d’inflation a dépassé ce qu’on pouvait voir ailleurs. 

La hausse des prix a changé les comportements. Comme jamais, on a entendu parler des circulaires, des coupons, de la chasse aux produits affichés en rabais. Les commerçants et marques qui œuvrent dans le créneau des produits à bon marché ont vu apparaître de nouveaux clients.

Non seulement les clients ont changé leurs habitudes, mais ils aiment en parler. Les gens se partagent leurs expériences et leurs tuyaux. Dans les médias ou sur les réseaux sociaux, les présentations de trucs ou d’endroits pour économiser performent au maximum. Les consommateurs ne se tannent pas de chercher comment réduire la facture d’épicerie.

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Des tonnes perdues

Il y a un truc qu’on entend rarement, voire jamais. C’est quelqu’un qui se vante d’avoir réduit son gaspillage alimentaire. Quelqu’un qui raconte qu’avec la hausse des prix, il cuisine davantage, il cuisine mieux et ne perd plus ses légumes ou sa viande.

Pourtant, les chiffres en la matière sont renversants. Nous jetons la nourriture à la poubelle (ou au compost) à la tonne. Selon Recyc-Québec, il se perd 1,2 million de tonnes d’aliments comestibles par année au Québec. Ce chiffre n’inclut pas les pelures, les noyaux ou les os. On parle vraiment de nourriture comestible. La perte représente 1300$ par ménage.

Bien sûr, une partie est perdue dans les transports et les commerces. Tant mieux s’ils pouvaient améliorer leur performance dans le but de faire baisser les prix. Je suppose qu’ils se forcent déjà. Les restaurants pourraient aussi réduire le gaspillage en offrant plus de sélection de portions du genre «petite, moyenne ou grande». Chacun commande pour son appétit.

À la maison

Mais le plus grand lieu de gaspillage demeure les maisons. Les garde-manger et surtout les tiroirs des frigos demeurent de hauts lieux de pourrissement de la nourriture. Et les dates de péremption encouragent inutilement ce gaspillage. J’ai peine à croire qu’une personne coure trois épiceries pour attraper les légumes au meilleur prix… et vide le tiroir à légumes dans la poubelle la semaine suivante. 

Je suis convaincu que dans beaucoup de cas, la proportion non mangée, qui finit aux poubelles, représente un pourcentage plus important que le rabais qu’on s’est fendu en quatre pour obtenir. Dans certaines maisons, le temps et l’effort devraient aussi être mis sur la planification des repas et des portions. Pas seulement sur la chasse aux aubaines.

J’en parle parce que cette semaine, Recyc-Québec a senti le besoin de publier un Guide pour Noël, encourageant la population à gaspiller moins de nourriture pendant les Fêtes. Gros repas, gros gaspillage, on l’imagine bien.

L’organisme y rappelle l’ampleur du gaspillage alimentaire. Nulle part on ne lit que la situation s’améliore, que les pertes diminuent. Curieusement, bien que les aliments coûtent les yeux de la tête, le bac demeure une destination de choix.

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