Au premier jour d’une semaine de débrayage, le Front commun syndical lance un ultimatum au gouvernement: réglez ou les syndiqués devront envisager une grève générale illimitée en janvier. 

La FTQ, la CSN, la CSQ et l’APTS ont débuté une semaine de grève vendredi matin.

Au terme de celle-ci, le Front commun espère pouvoir présenter une entente de principe à ses membres.

«Sinon, on sera obligés de faire état à nos assemblées respectives pour voir comment on voit la suite, et on ne voit pas d’autre solution que de déclencher une grève générale illimitée», a déclaré Robert Comeau, président de l’APTS, lors d’un point de presse à deux pas du parlement, vendredi matin.





Marcel Tremblay / Agence QMI

Entretemps, les quatre syndicats continuent de négocier. Une rencontre est prévue cet après-midi avec la partie patronale à la table centrale.

Le Front commun a révélé avoir déposé une contre-offre au gouvernement, hier, après avoir rejeté la proposition du gouvernement la veille.

«Malheureusement, les gens qui étaient devant nous ont été incapables de répondre directement à cette offre-là», a déclaré M. Comeau.

Les dirigeants syndicaux ont toutefois offert peu d’informations sur le contenu de leur contre-offre, outre une ouverture à s’entendre sur cinq ans, comme le réclame Québec, plutôt que sur trois ans, tel qu’ils le demandaient jusqu’ici.  

Valse des négos

Plus tôt cette semaine, le gouvernement a fait passer son offre salariale aux employés de l’État de 10,3% à 12,7% sur cinq ans. 

Le Front commun exige plutôt des hausses liées à l’inflation, en plus d’un rattrapage. Sur cinq ans, leurs demandes pourraient se chiffrer à environ 23%. 

Dès le lendemain, devant le refus des syndicats, le premier ministre François Legault s’est dit ouvert à bonifier à nouveau l’enveloppe sur la table. 

Mais en échange, Québec exige plus de flexibilité dans l’application des conventions collectives. 

Les dirigeants du Front commun ne s’en cachent pas, ils savent qu’ils font face à un gouvernement affaibli. «Quand Blaine Higgs est plus populaire que toi, ça va mal à la shop!» a lancé le premier vice-président de la CSN, François Enault, en référence au premier ministre du Nouveau-Brunswick. 

Accélération

Interpellée dans les couloirs de l’Assemblée nationale, la présidente du Conseil du trésor a assuré que les pourparlers s’intensifient. 

«On est nécessairement, je dirais, dans un moment qui est crucial parce que tout le monde semble être d’accord, y compris le Front commun, pour être capable d’arriver à une entente d’ici la fin de l’année, a déclaré Sonia LeBel […] Je n’oserais pas qualifier ça de blitz, mais je dirais que je pense que les intensifications sont présentes, vu la volonté affichée de part et d’autre d’arriver à des ententes plus rapidement.»

En parallèle, Mme LeBel a publié sur la plateforme X quelques exemples des salaires que des employés toucheraient en fonction de l’offre de Québec. 

Au cours de son bilan de fin de session, le premier ministre François Legault a assuré qu’il n’entend pas invoquer la loi spéciale pour forcer un retour au travail des employés. Toutefois, M. Legault a prévenu qu’il n’entend pas déroger de sa volonté d’obtenir plus de flexibilité de la part des syndicats. «Ça risque de brasser», a-t-il déclaré, en raisons de la «résistance au changement» des syndicats. 

Au sommet de l’échelle, une infirmière clinicienne toucherait plus de 147 000$, fait-elle valoir. 

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