De jeunes hockeyeurs et leurs parents sont fâchés d’apprendre à la dernière minute que leur participation à un tournoi a été annulée, la moitié des événements sportifs étant compromis en raison des grèves en milieu scolaire.

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«Toute l’équipe est fâchée», témoigne Nicolas Auclair, un élève de 5e secondaire en Sport-études de l’école de la Magdeleine, à La Prairie, en Montérégie.  

«Ça aurait été un de mes derniers tournois», soupire le hockeyeur de 17 ans, qui devra faire le deuil des anecdotes et souvenirs qu’il pensait accumuler pendant la fin de semaine.  

Il fait partie de l’équipe du Blizzard, qui devait participer à un tournoi à Jonquière de jeudi à dimanche. À moins de 48 heures d’avis, les parents ont reçu un courriel leur annonçant que la participation du Blizzard était annulée en raison de la grève du Front commun.  

On leur avait pourtant affirmé le contraire quelques jours plus tôt. Les chambres d’hôtel étaient réservées. Plusieurs parents avaient pris des vacances pour l’événement.  

Le tournoi de Jonquière, se tenant à la polyvalente Arvida, aura quand même lieu. Sur le site web de l’établissement, 13 équipes sont encore inscrites au tableau, dont neuf provenant d’écoles publiques touchées par les grèves.  

Mais pas le Blizzard.  

«La personne au centre de services scolaire (CSS) qui a pris cette décision, c’est qui et sur quoi elle se base? Ils sont qui pour se mêler de ça?» s’indigne Danny Auclair, le père de Nicolas.  

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Cas par cas

À travers la province, le sport étudiant subit actuellement une vague d’annulations de ses événements, qu’il s’agisse de matchs de la saison régulière ou de tournois.  

«C’est à peu près 50% de ce qui était planifié qui est annulé», estime Gustave Roel, président du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). 

«C’est du cas par cas.»  

Dans certains cas, l’annulation est due au fait que le bâtiment n’est pas accessible.  

Par exemple, le tournoi provincial de basketball St-Ex, qui devait se tenir à l’école Antoine-de-Saint-Exupéry de Montréal, a été annulé.  

Dans d’autres cas, l’annulation est due au fait que l’équipe est gérée par du personnel scolaire en grève.  

Les événements ne sont pas systématiquement annulés, le RSEQ permettant à chaque établissement de décider ce qu’il veut faire, précise M. Roel. Si une équipe ne peut reprendre un match en raison de la grève, un calcul de prorata sera effectué pour déterminer son score.  

Bénévoles

Les équipes épargnées sont en général celles d’écoles privées ou qui sont gérées par des bénévoles plutôt que par des enseignants, explique M. Roel.  

À La Prairie, l’entraîneur-chef de l’équipe du Blizzard est un enseignant, mais les autres entraîneurs sont des bénévoles. C’est pourquoi les parents pensent que la participation de leur jeune au tournoi de Jonquière aurait été possible.  

«Toutes les activités scolaires et parascolaires doivent être annulées», indique par courriel Hélène Dumais du service des communications du CSS des Grandes-Seigneuries.  

«L’enseignant-entraîneur est de facto le coordonnateur de l’équipe et il a la responsabilité – inscrite à sa tâche – de veiller au bon déroulement des activités de l’équipe», précise-t-on.  

Selon les parents interrogés, tout porte à croire qu’il s’agirait d’une décision du CSS, et non de l’entraîneur ou de son syndicat. «On ne comprend pas», dit Fannie Perras, mère d’un membre de l’équipe. «C’est comme de faire porter l’odieux de cette décision-là par les enseignants», déplore-t-elle.  

Contacté par Le Journal, l’entraîneur du Blizzard n’a toutefois pas rendu nos appels.  

Pour Danny Auclair, la déception aurait été moins grande si l’annulation avait été annoncée plus tôt ou si elle avait fait l’objet d’explications. «Personne au CSS ne rend mes appels.»  

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