Un juge a refusé d’absoudre le policier de Sherbrooke reconnu coupable d’agression sexuelle sur une femme alors qu’il était en uniforme et l’a plutôt condamné à six mois d’emprisonnement à la maison.

Samuel Ducharme qui, en larmes, avait imploré le juge Serge Champoux de l’absoudre n’aura pas réussi à le convaincre. L’ancien porte-parole du Service de police de Sherbrooke (SPS) tentait d’échapper à un casier judiciaire «pour se rebâtir une meilleure vie».

Or, ses remords et regrets «m’apparaissent bien davantage dirigés sur sa propre situation et les conséquences sur lui et sa famille plutôt que sa victime», a noté le magistrat dans sa décision écrite.

Ducharme a ainsi été condamné cet avant-midi à six mois de prison à domicile suivis d’une probation de deux ans. Il devra également faire 100 heures de travaux communautaires.

Lors d’une soirée d’août 2021, il avait léché le coude et la joue d’une jeune femme en plus de tenter de toucher sa poitrine et ses parties génitales. Une ordonnance de non-publication nous empêche de dévoiler certains détails, comme le contexte dans lequel l’agression sexuelle s’est déroulée.

Aucune ambiguïté

Chose certaine, l’homme de 42 ans était en fonction au moment des faits et il portait son uniforme. Un élément d’ailleurs retenu comme un facteur aggravant pour sa sentence.





Avant d’être suspendu, Samuel Ducharme était porte-parole au Service de police de Sherbrooke.


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Le policier n’a pas nié à son procès que certains gestes sont survenus. Mais il estimait plutôt avoir eu un flirt consentant avec sa victime deux fois plus jeune que lui.

Le magistrat a toutefois estimé que la preuve était claire et convaincante: la femme a refusé sans ambiguïté toutes les avances et a verbalisé à plusieurs reprises qu’elle ne désirait avoir aucun de ces contacts.

«Les conséquences sur elle sont très graves, très préoccupantes et sont loin d’être résorbées encore à ce jour», a rappelé le juge Champoux.

Le visage du corps policier

Lors des observations sur la peine en octobre, le père de famille avait souligné à grand trait les conséquences sur sa vie de la médiatisation du processus judiciaire. Le magistrat n’a pas du tout été convaincu qu’il s’agit d’un facteur atténuant. 

«Celui-ci était le visage du service de police de […] l’une des villes les plus importantes du Québec. Il était légitime de s’attendre à ce que la nouvelle de son arrestation pour un crime aussi grave soit rapportée. La publicité des affaires judiciaires est nécessaire», a-t-il dit.

Il s’agissait d’un dossier «d’intérêt général, en raison de sa gravité et des principes qui étaient en jeu», ajoute-t-il, en soulignant dans son jugement que Ducharme est le seul responsable dans cette affaire.

Par ailleurs, il subira en janvier un autre procès pour agression sexuelle. Après la médiatisation de son arrestation, une deuxième présumée victime s’est manifestée aux autorités.

Le policier qui a porté son verdict de culpabilité en appel est toujours à l’emploi du SPS, mais il a été suspendu durant les procédures judiciaires.

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