Pour plusieurs parents, le casse-tête recommence, alors que pour d’autres, il se poursuit. Toutes les écoles publiques québécoises seront fermées au cours des prochains jours, alors que les syndiqués du Front commun emboîtent le pas aux enseignants de la FAE déjà en grève, ce qui force une fois de plus les parents à faire preuve d’imagination pour occuper les enfants. 

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Vanessa Harnois, qui est travailleuse autonome, n’a pas vraiment le choix: elle amènera ses deux garçons de 7 et 10 ans au bureau pendant la grève du Front commun, à partir de vendredi.

Elle tentera bien de leur faire faire un peu de travaux scolaires, mais ne se fait pas d’illusion: avec le boulot, il sera impossible de leur faire réellement «l’école à la maison».

  • Le ministre Bernard Drainville revient sur les négociations et la situation dans les écoles au micro de Yasmine Abdelfadel, via QUB radio:

Mme Harnois s’inquiète des impacts de la grève sur son aîné, qui vient de recommencer sa 4e année en raison de difficultés d’apprentissage.

«On commençait à peine à reprendre le retard de la pandémie. Pour lui, une seule journée d’école manquée, ça paraît. Il a besoin de sa routine», affirme cette maman de Berthierville qui appuie néanmoins sans réserve les revendications des enseignants. 

«Il faut donner aux écoles ce dont elles ont besoin pour faire avancer les élèves», affirme Mme Harnois, qui aimerait que les professionnels et les enseignants soient plus disponibles pour les élèves en difficulté.

La patience étirée au maximum

Pour d’autres parents qui jonglent depuis le 23 novembre avec les impacts de la grève générale illimitée de la Fédération autonome de l’enseignement, qui représente 40% des profs de la province, l’élastique commente toutefois à être étiré au maximum.

«Ça devient de plus en plus frustrant, on veut que ça se règle rapidement», lance Stéphane Daigle, qui est membre du comité de parents du Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île, à Montréal.

La patience des employeurs semble aussi avoir atteint une limite, ajoute-t-il. Des parents ont été informés qu’à partir de la semaine prochaine, ils ne pourront plus amener leur enfant au boulot comme c’était le cas depuis la fin novembre, raconte M. Daigle.

«Quelques jours, ça peut aller, mais là, il y en a qui craignent vraiment de perdre leur emploi s’ils sont obligés de prendre congé parce qu’ils n’ont pas de plan B», déplore-t-il.

Services de dépannage

Dans plusieurs municipalités où les écoles seront fermées à partir de vendredi, des organismes communautaires ont mis sur pied des services de dépannage pour aider les familles pendant la grève.

Des maisons des jeunes mettent aussi la main à la pâte, en invitant les élèves de la fin du primaire à y passer leur journée, supervisés par des ados.

Plusieurs services de dépannage ouverts depuis le début de la grève de la FAE, à la fin novembre, n’arrivent toutefois plus à répondre à la demande. 

Au centre communautaire Monseigneur-Marcoux, situé dans Limoilou, à Québec, une trentaine d’enfants sont sur une liste d’attente. La disponibilité des locaux ne permet pas d’en accueillir davantage, indique son directeur général, Olivier Mercier.

Alors que les journées de grève s’accumulent, ce ne sont d’ailleurs pas toutes les familles qui ont les moyens d’y avoir recours, même si les frais d’inscription sont réduits au minimum. «À 20$ par jour, pour une famille qui a plusieurs enfants, ça monte vite», laisse-t-il tomber.

Calendrier des grèves dans le secteur public

Front commun (CSN-FTQ-CSQ-APTS): 8 au 14 décembre

  • Regroupe des travailleurs du réseau de la santé et de l’éducation
  • Toutes les écoles et les cégeps publics de la province seront fermés

Fédération autonome de l’enseignement (FAE): grève générale illimitée

  • Représente 40% des enseignants du réseau public
  • Leurs écoles sont fermées depuis le 23 novembre pour une durée indéterminée

Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ): 11 au 14 décembre

  • Regroupe les infirmières, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques
  • Le réseau de la santé tournera au ralenti, mais les services essentiels seront maintenus

Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec: 13 au 15 décembre

  • Représente les professionnels de dix cégeps de la province
  • Ces établissements seront fermés pour une journée supplémentaire

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