La crise dans les urgences s’envenime toujours plus. Cette année, c’est pire que jamais. Dans la plupart des hôpitaux, les taux d’occupation fracassent les 150 à 200%, et plus encore.  

Presque partout, le temps d’attente est interminable. Pour les soignants et les patients, c’est de la médecine de brousse. On y meurt même parfois par manque de soins et d’attention. Combien d’autres y meurent seuls sans enquête du coroner?   

Les urgentistes sont inquiets pour la sécurité des patients. Ils crient à l’aide au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et aux CIUSSS. Bref, jamais on ne se croirait dans un État riche et avancé.  

Cette semaine, un reportage de Radio-Canada est venu aussi confirmer que les urgences ontariennes fonctionnent mieux que les nôtres.  

C’est encore pire l’hiver. L’influenza. Les chutes sur des trottoirs non déglacés. La COVID depuis 2020. Le virus respiratoire syncytial (VRS). Les bronchites, les pneumonies, etc.  

Bien que ce soit prévisible longtemps à l’avance, nos urgences débordent de plus en plus. La «cellule de crise» mise sur pied l’an dernier par le ministre Christian Dubé n’existe pourtant plus. 

Y a-t-il un pilote dans l’avion déglingué de nos urgences?  

Petite devinette. Qui a fait l’observation suivante cette semaine: «on est à la période de l’année où il y a les virus (respiratoires). C’est ce qui rend la situation semblable (dans les urgences)». Réponse: le ministre Dubé. 

Or, même dans le domaine de la prévention, sauf erreur, c’est silence radio au MSSS et à la Santé publique. Vous vous souvenez de la Santé publique? 

On sait pourtant qu’ici comme ailleurs en Occident, on a déjà oublié les leçons de la pandémie. On est pris à la gorge par d’autres préoccupations usantes: inflation, crise du logement, insécurité alimentaire, anxiété, etc. 

Alors, retenir les leçons de la pandémie se retrouve tout au fond du panier des priorités de la vie. On le voit bien autour de nous.  

Il n’y a plus la moindre précaution de prise. Ça tousse à pleins poumons sans masque et on ne le remarque même plus.  

Du moins, jusqu’à ce qu’on se réveille à notre tour avec une COVID, un VRS ou autre virus merdique, attrapé dans les mêmes circonstances.  

Les moins «chanceux» finiront à l’hôpital, en mourront ou croupiront des multiples séquelles de la COVID longue.  

On attend quoi? 

C’est pourquoi le MSSS et la Santé publique doivent jouer leur rôle d’information, de sensibilisation et de communication. Que ce soit par des publicités bien ficelées – télévisées, radiophoniques et sur les médias sociaux.  

Dans les centres d’achat, les stations de bus et de métro, etc. Et ce, à l’aube de chaque hiver. D’autant plus que les Fêtes s’en viennent avec ses réunions de famille, ses partys de bureau et son magasinage.   

En décembre, il reste même encore des ressources intermédiaires pour personnes âgées ou handicapées intellectuelles dont les résidents, pourtant ultra vulnérables aux virus, n’ont toujours pas été vaccinés contre la COVID et l’influenza.  

Au Québec, la moitié des personnes âgées n’ont pas reçu non plus leur dose de rappel du vaccin contre la COVID-19.  

Les autorités de santé doivent reprendre le bâton du pèlerin. La prévention ne fera pas de miracles, mais on sait qu’elle sauverait des vies et diminuerait la propagation des virus respiratoires. Ce qui réduirait la pression sur nos urgences bondées.   

Le message que les autorités de santé doivent marteler est pourtant simple. Voici comment la Dre Amélie Boisclair, spécialisée en médecine interne et soins intensifs, le résume en termes clairs et simples sur son fil twitter:  

«Protégez-vous. Protégez vos proches. On reste chez soi si on a des symptômes viraux. On porte un masque si on doit sortir (idéalement un N95). Aération. Vaccins (COVID, influenza, VRS, pneumocoque), particulièrement si on est à risque.» 

Un autre geste de prévention du MSSS serait de rendre gratuit le vaccin contre le VRS. Pour se faire vacciner en pharmacie, il en coûte de 250$ à 300$ par personne. C’est un montant carrément dissuasif.  

Alors, on attend quoi pour agir? Que des urgences payantes ouvrent aussi au privé? 





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