Un récidiviste violent qui a agressé au hasard une femme en l’étranglant jusqu’à ce qu’elle perde conscience dans les toilettes d’un bar de Québec a été déclaré coupable sur toute la ligne vendredi.

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Alexandre Turcot était de passage à Québec en juillet 2021 pour fêter avec des amis. 

Originaire de Montréal, l’individu de 44 ans a confié lors de son procès qu’il était heureux de célébrer le fait qu’il n’avait pas été incarcéré «pour sept ou huit mois», une première dans sa vie adulte. L’homme cumulait déjà 92 condamnations à l’époque.

Cette soirée aura finalement été sa dernière en liberté avant longtemps, puisqu’il a choisi de s’en prendre à la jeune femme croisée par hasard dans les toilettes du resto-pub le London Jack.

Étranglée

L’agrippant par le bras pour l’entrer de force dans une cabine, Turcot l’a ensuite étranglée jusqu’à ce qu’elle perde conscience. Il a quitté les lieux rapidement en y abandonnant sa victime. 

Cette dernière a été retrouvée par son conjoint et une amie dans les toilettes. Elle a été transportée à l’hôpital, où un médecin lui a diagnostiqué un déficit neurologique temporaire résultant d’un œdème pulmonaire lié à une strangulation. Le corps de la jeune femme de 29 ans était également couvert d’ecchymoses.

Identifié par des caméras de surveillance de l’endroit, Turcot avait été arrêté un mois plus tard.

Au procès, il a plaidé que c’est la jeune femme qui avait accepté d’aller dans la cabine pour y avoir des rapports sexuels et que c’était «son trip à elle» de se faire étrangler. Une version que le juge Frank D’Amours a «rejetée du revers de la main», qualifiant l’accusé de tout simplement «pas crédible».

«Les femmes ne sont pas des objets que les agresseurs peuvent prendre au gré de leurs pulsions et de leurs fantasmes», a insisté le magistrat.

Coupable sur toute la ligne

Alexandre Turcot a été reconnu coupable des quatre chefs portés contre lui, c’est-à-dire pour voies de fait grave, voies de fait causant des lésions, séquestration et pour avoir étranglé sa victime dans le but de commettre une infraction criminelle, soit une agression sexuelle. 

Le juge s’est rangé aux arguments de la Couronne face à cette dernière accusation, estimant que l’intention de l’homme était bel et bien d’agresser sexuellement sa victime avant qu’elle ne perde conscience.

«L’accusé mentionne d’ailleurs: “Ça ne sert à rien de te débattre, ça va juste être plus long.” Cette phrase témoigne de ses intentions, de son but et de sa connaissance de l’absence de consentement de la plaignante», a souligné le juge D’Amours, ajoutant un rappel pertinent de l’importance du consentement.

«Ce n’est pas une notion […] que l’on s’approprie en réduisant l’autre au silence.»

Requête de déclaration de délinquant dangereux

Déjà condamné par le passé à trois peines de pénitencier, dont une de sept ans pour vol qualifié, Turcot a vu le procureur de la Couronne réclamer une évaluation dans le but de le faire déclarer délinquant dangereux.

«Notre dossier est l’expression même d’une agression brutale et aléatoire», a expliqué Me Louis-Philippe Desjardins, insistant sur l’ampleur du dossier criminel de l’accusé.

Le juge D’Amours a ordonné l’évaluation et la requête sera débattue au même moment que les observations sur la peine qui devra être imposée à l’agresseur dans les prochains mois.

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