Le projet de loi 15 apportant de majeures réformes au système de la santé a été adopté sous bâillon tôt samedi matin, après 15 heures de discussions.

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Les députés ont débattu toute la nuit le projet de loi qui permettra notamment la création de la nouvelle agence Santé Québec. 





TVA Nouvelles

Les efforts du gouvernement seront donc consacrés, dans les prochains mois, à ériger les fondations de la nouvelle agence nationale Santé Québec, qui sera responsable de la majeure partie de la gestion du système de la santé. En premier lieu, la recherche et l’embauche de nombreux fonctionnaires haut placés pour la gestion de ce nouvel organe de gestion seront effectuées. 

«Pendant ce temps, on ne règle absolument rien», a indiqué le chef par intérim du Parti libéral du Québec, Marc Tanguay, déplorant que ces efforts ne soient pas mis dans la résolution des problèmes actuels du système de la santé. 

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a affirmé, pour sa part, que «c’est une belle journée, parce que c’est le jour un de la transition». 

Seulement une dizaine d’articles parmi les quelques centaines restants ont pu être abordés dans les délibérations. 

«Près du tiers des articles» n’aurait pas été étudié du tout, a rapporté le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, en point de presse samedi matin. 

Les députés de l’opposition ont reproché chacun leur tour, en point de presse, l’incapacité du ministre Dubé de préciser les grandes lignes de son propre projet de loi. «Ce n’est pas normal qu’un ministre, qui nous dit que son projet de loi est si important qu’il faut l’adopter par bâillon, ne soit pas capable de répondre aux questions», a déploré le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, à sa sortie de l’Assemblée nationale. 

Une loi qui passe mal dans le réseau lui-même

Déjà vendredi, avant même que le projet ne soit adopté, les différents syndicats du réseau de la santé avaient mentionné leur désaccord face au projet de loi.

«Nous sommes conscients qu’il faut mettre en place des solutions pour améliorer l’organisation du travail, mais jamais une réforme ne pourra réussir sans l’adhésion et la mobilisation du personnel de la santé», estime ainsi Isabelle Duhaime, présidente de la Fédération de la Santé du Québec.

Alors que les professionnels de la santé ont affirmé toujours souffrir des contrecoups de la réforme Barrette, ces derniers estiment que la mise en place de l’agence Santé Québec continuerait à concentrer les pouvoirs à un seul et même endroit.

«Encore aujourd’hui, j’ai du mal à m’expliquer une telle orientation alors que les expériences passées devraient nous pousser dans la direction diamétralement opposée. La réforme Barrette est connue aujourd’hui comme un échec retentissant, en majeure partie parce que la concentration des pouvoirs a pavé la voie à une bureaucratie centrale lourde et inefficace, qui ralentit les décisions sur le terrain de façon significative et mine par conséquent l’efficacité des soins et services offerts», a souligné, pour sa part, Robert Comeau, président de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

De plus, les organisations syndicales ont également déploré l’imposition d’un bâillon.

«Suspendre les règles démocratiques, alors qu’il reste plus de 500 articles à étudier nous semble précipité. D’autant que le travail en commission parlementaire se faisait en collégialité et permettait d’améliorer concrètement le projet de loi», a ainsi dit Magali Picard, présidente de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, à laquelle sont associés différents syndicats du réseau de la santé.





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