Fatigués du manque d’avancée aux tables de négociation, les représentants du Front commun dans les domaines de la santé et des services sociaux n’ont pas écarté la possibilité d’une grève générale illimitée après les Fêtes. 

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C’est ce qu’a reconnu dimanche matin Maxime Ste-Marie, président du Conseil provincial des affaires sociales du Syndicat canadien de la fonction publique (CPAS-SCFP-FTQ).

«S’il faut qu’on se rende en grève générale illimitée après les Fêtes, on le fera», a-t-il déclaré lors d’un point de presse qui se tenait devant le centre de recherche du CHUM, à Montréal.





CAPTURE D’ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

Les syndicats doivent se réunir le 19 décembre prochain et espèrent avoir une entente de principe avec Québec à cette date.

«Ce que je recommande au premier ministre, c’est de donner les mandats aux équipes de négociation et de cesser de faire de l’interférence médiatique puis de laisser le processus aller pour qu’on puisse régler [les négociations] avant la fin de l’année», a martelé Réjean Leclerc, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

«[M. Legault] dit toutes sortes de choses qui ne se reflètent pas à la table», a-t-il soutenu.

Le temps presse

Sous la pluie, les représentants du Front commun ont pressé Québec d’agir et ont riposté que le gouvernement Legault doit aussi faire preuve de flexibilité.

«Les propositions aux tables sectorielles, en ce moment, elles ne sont pas suffisantes, M. Legault», a interpelé Sylvie Nelson, présidente du Syndicat québécois des employées et employés de services (SQEES-FTQ).





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«Vous le savez, la flexibilité, c’est vraiment le mot préféré de M. Legault. On aurait aimé ça que ses représentants aux tables sectorielles soient flexibles et qu’ils négocient en fin de semaine! Ils ont refusé! C’est quoi le problème?», a-t-elle ponctué avec un langage coloré.

De son côté, Jessica Goldschleger, première vice-présidente de la Fédération des professionèles (FP-CSN), a affirmé que cette grève historique n’est «pas seulement une lutte pour nos conditions de travail, mais une lutte pour la survie de nos services publics.»

«Les propositions patronales se concentrent sur des mesures temporaires et très ciblées pour certains types d’emploi», a souligné Josée Fréchette, première vice-présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS). «Mais nos demandes, c’est pour tout le monde.»

«Est-ce qu’on doit choisir quelle clientèle doit recevoir des services? Est-ce qu’on doit choisir quels services doivent s’améliorer? Est-ce que c’est ça les choix que le gouvernement veut qu’on fasse?» a-t-elle appuyé.

Un projet de loi controversé

Adopté sous bâillon dans la nuit de vendredi à samedi, le projet de loi 15, qui apporte des réformes majeures du système de santé, ne semble pas ravir les membres du Front commun.

«[Le gouvernement] veut plus de contrôle entre ses mains, notamment avec le projet de loi 15 qui va centraliser comme jamais le réseau», a statué M. Leclerc. «Il veut plus de contrôle pour ses gestionnaires.»

Ce projet de loi comprend la création de la nouvelle agence Santé Québec, qui sera à la tête de la majeure partie de la gestion du système de santé. Cela impliquera l’embauche de plusieurs fonctionnaires haut placés pour gérer cette instance.

Vendredi dernier, les membres du Front commun se sont engagés dans une nouvelle séquence de grève de sept jours, jusqu’au 14 décembre prochain. La Fédération interprofessionnelle de santé (FIQ), qui vient de faire une contre-offre à Québec, les rejoindra dès lundi.

«Noël s’en vient, notre monde est tanné, notre monde veut être reconnu», a insisté Mme Nelson.


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