Les États-Unis ont utilisé leur droit de veto pour empêcher le Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter une résolution exigeant «un cessez-le-feu humanitaire immédiat» à Gaza. Tous les autres membres du Conseil (à l’exception de la Grande-Bretagne qui s’est abstenue) ont voté pour la résolution. 

Le véto américain protégeant Israël a été vivement condamné par toutes les grandes organisations humanitaires internationales: 

  • Avril Benoît, directrice générale de Médecins sans frontières: «En opposant son veto à cette résolution, les États-Unis sont les seuls à voter contre l’humanité. Le veto américain contraste fortement avec les valeurs qu’ils prétendent défendre […] Le veto américain les rend complices du carnage à Gaza.»
  • Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnistie internationale, a déclaré que le veto américain «démontre un mépris total pour les souffrances des civils face à un nombre de morts stupéfiant».
  • Human Rights Watch a déclaré dans un communiqué: «En continuant à fournir à Israël des armes [et] une couverture diplomatique alors qu’il commet des atrocités, notamment en punissant collectivement la population civile palestinienne à Gaza, les États-Unis risquent de se rendre complices de crimes de guerre.»
Les États-Unis aident Israël à Gaza

L’implication américaine du côté israélien est évidente. Des bombes de fabrication américaine JDAM (Joint Direct Attack Munitions) ont été utilisées par Israël lors de deux frappes aériennes meurtrières contre des maisons remplies de civils. Des fragments de ces bombes ont été retrouvés dans les décombres de maisons après les frappes qui ont tué 43 civils – 19 enfants, 14 femmes et 10 hommes. L’organisation Amnistie internationale a publié des photos de débris de bombes avec des numéros de code associés à des bombes guidées fabriquées par Boeing.

Amnistie internationale n’a trouvé aucune indication à l’effet qu’il y avait des objectifs militaires sur les sites des deux frappes ou que les personnes se trouvant dans les bâtiments étaient des cibles militaires légitimes.

Plusieurs spécialistes en droit international estiment que les États-Unis peuvent être considérés comme cobelligérants avec Israël dans la guerre contre le Hamas et donc légalement responsables des crimes de guerre commis. 

Le Pentagone a en effet dépêché des conseillers militaires en Israël, dont le général James Glynn, du Corps des Marines, pour l’aider dans son invasion de Gaza. Glynn devait conseiller les Israéliens sur la façon d’amoindrir les pertes civiles dans les combats urbains. On voit chaque jour à la télévision ce qu’ont donné ses conseils.

La marine américaine a également repositionné le porte-avions Gerald Ford en Méditerranée orientale afin qu’il puisse aider à défendre Israël si nécessaire. 

Biden a aussi demandé au Congrès 14,3 milliards de dollars supplémentaires pour faire face aux dépenses occasionnées par la guerre Israël-Hamas. Les États-Unis fournissent déjà à Israël 3 à 4 milliards de dollars par année afin qu’il ait «un avantage militaire quantitatif» sur ses voisins.

La représentante démocrate noire Cori Bush a dénoncé l’opération militaire israélienne à Gaza, la qualifiant de «nettoyage ethnique», et a appelé les États-Unis à cesser de financer Israël: «Ces atrocités sont financées par des milliards de dollars provenant de nos propres impôts américains, tandis que des communautés comme la mienne à Saint-Louis souffrent et ont besoin d’investissements simplement pour vivre leur vie ici chez nous.»

La Jewish Voice for Peace, l’organisation antisioniste de gauche s’est jointe à quelque 140 autres organisations juives américaines pour demander un cessez-le-feu et la libération de tous les otages. JVP demande aussi au Congrès de s’opposer à la fourniture d’armes à Israël. 

Un calvaire qui n’en finit pas

Les civils représentent 61% des décès dus aux frappes aériennes à Gaza, selon une étude israélienne. Le journal Haaretz affirme que la proportion de civils tués dans des frappes aériennes est plus élevée que celles de tous les conflits du 20e siècle.

Environ les deux tiers des 2,3 millions de Palestiniens vivant à Gaza sont déjà des réfugiés, chassés de leur foyer en Israël lors de la guerre de 1947-1949. Ils sont victimes d’un deuxième déplacement massif.





Voir la source