La fin de la grève générale illimitée cette semaine semble très peu probable, affirme la présidente de la Fédération autonome de l’enseignement. Mélanie Hubert dénonce par ailleurs les propos du premier ministre, François Legault, selon qui «ça risque de brasser».  

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En conférence de presse, lundi matin, Mme Hubert a affirmé que ses membres ont été «floués» aux tables de négociations, après avoir fait une «grande concession» en faveur d’une plus grande flexibilité dans l’affectation des classes, comme le réclame le gouvernement Legault. 

«À notre grande consternation, la partie patronale nous a demandé de faire d’autres avancées», a résumé la présidente de la FAE. 

Selon elle, à peine 50% du terrain aurait été parcouru dans les négociations, malgré une grève générale illimitée qui dure depuis 13 jours. 

Dans ces circonstances, Mme Hubert doute qu’il y ait un retour en classe cette semaine. 

«Ce serait très, très optimiste, considérant qu’on est déjà lundi et que les travaux doivent suivre leur cours et que notre instance devra juger s’il s’agit d’une entente de principe et que c’est satisfaisant pour la présenter à nos membres», a-t-elle commenté. 

«Mais est-ce qu’on peut espérer de dire: on aurait des nouvelles cette semaine et être capable d’imaginer un retour en classe avant les vacances de Noël? Nous, on le souhaite», a ajouté Mme Hubert. 

Pour de nombreux parents, une fin de grève cette semaine serait de toute façon bien théorique: les employés de soutien dans de nombreuses écoles sont également en débrayage jusqu’à jeudi, inclusivement, dans le cadre des moyens de pression du Front commun. 

LeBel réagit

La présidente du Conseil du trésor a fait parvenir une déclaration par voie de communiqué. Elle affirme que «les discussions se déroulent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en continu, à tous les niveaux et avec tous les syndicats».

 

Par rapport à la FAE, elle assure que «d’importantes discussions ont eu lieu avec la FAE dans les derniers jours». 

«Nous avons maintenant sur la table les éléments essentiels pour nous entendre. Malgré certains écarts, nous entrons dans une phase cruciale qui nous permettra d’entrevoir une entente qui pourra bénéficier aux élèves et aux enseignants. Nous ne commenterons pas davantage pour l’instant par respect pour le processus de négociation en cours», a-t-elle déclaré.

Pression financière

Si la FAE se dit déterminée à poursuivre les négociations, Mélanie Hubert reconnaît que la situation n’est pas facile pour ses membres dans la rue, sans fonds de grève. 

«Il y a des profs qui commencent à sentir la pression financière. C’est clair, on l’entend, on le voit. Ça fait partie des choses qui sont difficiles. Une autre chose qu’on voit, c’est le froid, l’usure d’être dehors, d’être mouillé comme ce matin. C’est difficile de se lever tous les matins et revenir faire ça, jour après jour», a-t-elle illustré. 

Quand on lui a demandé si le premier ministre devrait s’impliquer afin de faire débloquer les négociations, Mélanie Hubert a plutôt reproché à François Legault d’avoir jeté de l’huile sur le feu, vendredi dernier, lors de son bilan de fin de session parlementaire. 

«Je ne suis pas certaine que c’est la bonne personne pour venir se mêler de la négociation. Il a promis à la population que ça allait brasser», a-t-elle rappelé. 

D’autres syndicats pressent aussi Québec de négocier

D’autres syndicats ont aussi pressé Québec d’accélérer la cadence des négociations. Dans le réseau scolaire, les professionnels, les employés de soutien et les enseignants représentés par le Front commun ont dénoncé la lenteur des négociations aux tables sectorielles lundi.

«On dirait que Legault n’a pas eu le mémo de l’urgence de la situation en ce moment», a dénoncé Jacques Landry, président de la Fédération des professionnelles et des professionnels de l’éducation.

Du côté de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), on déplore que le gouvernement n’avait toujours pas répondu, lundi midi, à la contre-offre syndicale présentée vendredi.

«On s’était préparé à négocier samedi et dimanche, mais il faut être deux pour danser», a lancé sa présidente, Josée Scalabrini. Si on veut tout faire pour les enfants du Québec, comme l’affirme le gouvernement, il va falloir se mettre à faire une réelle négociation pour s’assurer que ces enfants retournent à l’école.»

Avec la collaboration de Daphnée Dion-Viens.





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