Le premier ministre, François Legault, estime qu’une entente est toute proche avec les enseignants en grève générale illimitée pour une 15e journée. Un espoir toutefois rapidement refroidi par leur syndicat.  

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«Ça va bien, très bien, les négociations avec les enseignants. On se parle de la lourdeur de la tâche, de comment on peut ajouter des gens dans les classes. Ça va très bien. Puis moi, j’ai bon espoir que tous les enfants vont retourner à l’école dès le lundi qui vient», a déclaré François Legault, mercredi, tout juste avant d’entrer au Conseil des ministres. 

Quelque 65 000 enseignants de la Fédération autonome de l’enseignement sont présentement en grève générale illimitée, un conflit qui force la fermeture d’environ 40% des écoles du Québec depuis trois semaines.

La FAE a d’ailleurs rapidement rejeté les prétentions du premier ministre. «Contrairement à ce que dit François Legault, les nouvelles à la table ne sont pas encourageantes. Le gouvernement souffle le chaud et le froid. Il nous promet de l’ouverture, pour ensuite refermer la porte aussitôt. La stratégie du gouvernement est clairement de diviser le mouvement et d’épuiser les profs», a commenté le syndicat peu après sur Instagram. 

«Ne montez pas dans les montagnes russes de François Legault. Restez debout, droits, fiers et solidaires», a ajouté la FAE. 

Réaliste, mais…

La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, a également démontré un optimisme plus modéré que M. Legault. 

Une entente avec la FAE d’ici la fin de la semaine est «réaliste», mais beaucoup de travail reste à faire, souligne celle qui est chargée de mener les négociations pour la partie patronale. 

«Donc je pense que la remarque du premier ministre était dans l’espoir qu’on puisse y arriver, parce que la possibilité réelle qu’on y arrive existe», a commenté Mme LeBel. 

Quant au Front commun, toujours en grève jusqu’à jeudi, Sonia LeBel estime qu’un accord serait plutôt possible d’ici Noël. 

Plus difficile en santé

Dans le secteur de la santé, toutefois, les négociations sont plus compliquées, déplore le gouvernement Legault. 

«Il n’y a à peu près aucune ouverture à nous donner la flexibilité qui est absolument nécessaire pour améliorer les services en santé. Donc, de ce côté-là, je pense que ça va aller plutôt en janvier», a déclaré le premier ministre. 

Sonia LeBel reconnaît que les travaux sont plus ardus avec la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), dont elle juge que les demandes sont «irréalistes». 

Les revendications de la FIQ font en sorte que Québec devrait ajouter «des milliers et des milliers d’employés dans le domaine de la santé», dénonce-t-elle.

Si la grève devait se poursuivre dans le domaine de la santé, chaque journée viendra allonger les listes d’attente pour les chirurgies, a rappelé le ministre Christian Dubé. 

«On retarde d’à peu près 500 chirurgies par jour», dit le ministre de la Santé, en rappelant le retard déjà causé par la pandémie. 

Son collègue aux Finances, Eric Girard, rappelle également que l’État québécois est «actuellement en déficit». «Tout ce qui serait mis sur la table qui excéderait ce qui était dans le cadre financier, ça devra être emprunté, puis ultimement payé par l’ensemble des contribuables», a-t-il rappelé. 

Malgré ces pressions, la FIQ refuse de signer une «entente à rabais». «Si on souhaite une entente avant la fin de l’année, il serait important que le premier ministre cesse de jeter de l’huile sur le feu», a déclaré son porte-parole. 

La FSSS-CSN accuse pour sa part François Legault de déformer la réalité. «Ceux qui sont inflexibles à la table, c’est le gouvernement. Ça fait des mois qu’ils ne veulent pas bouger d’un iota sur leurs priorités», affirme le syndicat membre du Front commun syndical.   

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