Chaque jour de la semaine, sa mère prépare son souper, s’occupe de son lavage et fait gentiment son lit. Puis, le dimanche, il quitte la maison de papa et maman pour affronter des gladiateurs de 300 livres sur les terrains de la NFL. L’histoire du quart-arrière des Giants Tommy DeVito est en train d’enflammer New York.

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Ce n’est absolument pas une image exagérée. C’est la véritable vie du pivot recrue dans l’un des marchés les plus médiatisés de la ligue.

Quand il a confié récemment au réseau ESPN qu’à 25 ans, il habitait toujours chez ses parents et que maman prenait tout en charge pour qu’il se concentre sur le football, plusieurs de ses coéquipiers ne savaient même pas et sont tombés des nues. 

Ils l’ont même surnommé affectueusement Tommy Cutlets, parce que le quart-arrière a confié qu’il adorait revenir à la maison, son lavage et son lit bien faits, pour savourer des côtelettes bien apprêtées par ses parents.

Ce n’est pas la réalité de bien des athlètes professionnels, surtout qu’il a signé un contrat de trois ans pour 2,7 M$. Dans la jungle de la NFL, ce n’est pas la mer à boire, mais comparé à monsieur et madame Tout-le-Monde, c’est quand même l’équivalent d’un salaire de 17 300 dollars américains par semaine!


Crédit photo : Getty Images via AFP

Peu de garanties

Plusieurs en riront, mais on peut comprendre que DeVito ait eu envie de se coller au cocon familial. Après tout, la vaste majorité des joueurs comme lui vivent une situation plutôt précaire. Le rêve qu’il vit avait infiniment peu de chances de se réaliser.

Ignoré au repêchage le printemps dernier, il a dû se contenter d’une offre des Giants, qui ne lui garantissait que 20 000$ en plus d’une prime d’engagement de 10 000$. La plupart des quarts-arrières non repêchés dans son genre ne font que passer au camp d’entraînement, réclamer leur dû et pointer au chômage ensuite. C’est la cruelle réalité de la NFL.

Or, DeVito a suffisamment impressionné pour se voir offrir une place sur l’équipe d’entraînement, comme troisième quart-arrière de l’équipe. Quand Daniel Jones, l’homme de 160 M$, et Tyrod Taylor (2 ans, 11 M$) sont tombés au combat, DeVito a été appelé à frapper en relève, au grand désespoir des New-Yorkais. 

Un gars de la place

Depuis, le carrosse de Cendrillon ne s’est toujours pas transformé en citrouille. Au contraire, un vrai vent de folie DeVito frappe la Grosse Pomme et le New Jersey, où les Giants ont leurs quartiers généraux, à East Rutherford.

Il y a d’abord le jeu de DeVito qui séduit. Contre toute attente, il a complété 65,9% de ses passes, dont huit pour des touchés, avec seulement trois interceptions. Lundi soir, en surprenant les Packers, il est devenu le deuxième quart-arrière recru non repêché depuis 1936 à remporter trois victoires. L’exploit lui a valu d’être nommé joueur offensif de la semaine dans la conférence nationale.

Sauf que la douce folie DeVito est surtout liée au fait qu’il est un petit gars de la place pour les mordus des Giants. 

La maison de ses parents de descendance italienne, où il a grandi, se situe à Cedar Grove, à 12 minutes des installations de l’équipe.

Son père Tom est un plombier qui travaille durement en desservant les villes autour du Metlife Stadium. 

Son agent Sean Stellato, aussi d’origine italienne et ami de la famille, est en train de devenir viral avec son complet et son chapeau lui donnant une allure rétro, un look tout droit sorti d’un film de mafioso de série B. 

«Tommy est un col bleu. Il fait tout de la bonne façon, il travaille et n’oublie pas d’où il vient. Ça fait partie d’être un fier italien, tu n’oublies jamais tes racines», a dit le coloré agent à ESPN au sujet de son poulain.

Ses parents se présentent aux tailgates au Metlife Stadium et servent des côtelettes et autres victuailles aux partisans pour les remercier du soutien à l’endroit de fiston. Ça ne s’invente pas! 

Tommy Devito peut sombrer dans l’oubli du jour au lendemain, mais pour l’instant, son histoire frappe l’imaginaire. Tous aimeraient que ça dure et qu’il prouve qu’il peut être un partant efficace ou à la limite, un réserviste fiable.

En attendant de savoir ce qu’il vaut vraiment, on a juste envie de faire comme dans les films italiens et de lui lever notre verre avec un Salute! (santé) bien senti.

MA PRÉDICTION POUR JEUDI:

Chargers 16 Raiders 20





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