Contrairement à François Legault, la présidente de la Fédération autonome de l’enseignement a peu d’espoir d’un retour en classe lundi.  

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«C’est jovialiste, pour ne pas dire complètement irréaliste et déconnecté de ce qui se passe à la table [de négociations] depuis lundi», a déclaré Mélanie Hubert en conférence de presse, jeudi matin.

La veille, le premier ministre François Legault disait avoir bon espoir d’un règlement sous peu dans la grève générale illimitée qui paralyse près de 40% des écoles du Québec depuis maintenant quatre semaines. 

La syndicaliste décrit plutôt les pourparlers comme des séances de yoyo, avec des bonnes et de moins bonnes journées. «La partie patronale nous écoute, prend des notes, semble avoir de l’ouverture. Le lendemain, on rejette nos propositions, les discussions se referment», résume-t-elle.

Beaucoup de travail reste à faire, si bien qu’un règlement à temps pour le début de la semaine prochaine semble désormais hors de portée. 

De plus, advenant une entente, les enseignants auront besoin d’un moment avant de reprendre le travail en classe. 

La FAE et la partie patronale devront conclure un protocole de retour en classe afin, possiblement, de permettre une journée de préparation, mais également calculer l’impact de la grève sur l’ancienneté et l’impact du conflit sur les conditions prévues à la convention collective. 

«Il pourrait y avoir, par exemple, une journée où les profs rentrent pour préparer le retour», explique Mme Hubert. 

  • Écoutez l’entrevue avec Mélanie Hubert, présidente de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), à l’émission de Benoit Dutrizac sur QUB radio:
Composition des classes

Malgré tout, la présidente de la FAE reconnaît que les négociations avancent, même si des impasses persistent. 

Québec, déplore-t-elle, refuse de s’engager à créer de nouvelles classes si les groupes d’élèves comprennent d’autres élèves avec des défis particuliers. 

Mélanie Hubert reconnaît que cette demande est difficilement applicable dans l’immédiat, en raison de la pénurie de main-d’œuvre. «Nous, ce qu’on cherche à faire avec le gouvernement, c’est d’avoir quand même des textes écrits pour que, dès que ce sera possible, ça puisse se mettre en place», explique-t-elle. 

Réaction de Québec

Avant même la fin du point de presse, jeudi matin, la présidente du Conseil du trésor avait réagi par communiqué. 

«Les propos tenus par la FAE sont extrêmement surprenants à ce stade-ci, écrivait Sonia LeBel. Je suis convaincue que nous avons une entente à portée de main, mais nous ne pouvons pas régler seuls.» 

Le gouvernement, assure-t-elle, a proposé «des mesures jamais vues qui constitueraient des avancées importantes pour les enseignants quant à la composition de la classe». 

Parmi celles-ci, elle note l’évaluation de la lourdeur des tâches, la création d’aides à la classe et des compensations. 

«Des pas importants ont aussi été faits concernant l’autonomie professionnelle, la surveillance des récréations, le temps de nature personnelle et les journées pédagogiques», ajoute-t-elle, tout en assurant que le gouvernement veut «régler rapidement». 

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