C’est un conflit d’argent qui aurait poussé Elveyn Cauchon à battre son propre père «à coups de poing et à grands coups de pied» en novembre 2022. Marcel Cauchon, 75 ans, avait perdu la vie quelques jours après l’agression, qui vaudra maintenant à son fils de passer 8 ans et demi en détention.

• À lire aussi: Château-Richer: accusé d’avoir battu son père qui décède ensuite

Une femme qui promenait par hasard son chien devant la résidence de Marcel Cauchon à Château-Richer le soir du 28 novembre 2022 avait été témoin de la troublante scène. Elle avait raconté aux policiers avoir observé de l’agitation par la fenêtre de la résidence, avant de voir en s’approchant que c’était Elveyn Cauchon qui violentait son père.

«Il le battait solide à coups de poing et à grands coups de pied dans la face», avait confié la femme aux autorités.

La témoin avait cogné à la fenêtre, attirant l’attention de l’agresseur, mais ce dernier avait recommencé à frapper son père quand la femme est partie chercher de l’aide. C’est finalement cette même dame qui est revenue sur les lieux en criant qu’elle avait appelé la police, qui a fait fuir le suspect.

En forçant la porte, la femme a découvert Marcel Cauchon grièvement blessé. L’homme a toutefois pu lui dire que c’est son fils qui l’avait agressé et il a aussi pu être rencontré par les policiers avant de rendre l’âme. Il est mort le 2 décembre, quatre jours après l’agression.

Homicide involontaire

Initialement accusé de voies de fait graves avant le décès de son père, Elveyn Cauchon a reconnu sa culpabilité vendredi à un chef d’homicide involontaire. C’est cette accusation qui a été portée parce qu’il n’avait pas l’intention de causer la mort de Marcel Cauchon ce soir-là. 

D’ailleurs, l’autopsie a démontré que si les blessures de l’agression avaient bien contribué à la mort de l’homme de 75 ans, il ne s’agissait pas de la seule cause.





Marcel Cauchon, décédé le 2 décembre 2022, après avoir été victime d’une violente agression par son fils Elveyn le 28 novembre.

Elveyn Cauchon a été condamné à 8 ans et demi de pénitencier le 15 décembre 2023 pour l’homicide involontaire de son père.

Crédit photo: Tirée de l’avis de décès de Marcel Cauchon


Tirée de l’avis de décès de Marcel Cauchon

«À elles seules, ces blessures ne sont pas suffisamment sévères pour entraîner la mort. Elles ont toutefois été subies par un homme âgé, à la condition cardiovasculaire précaire, et se sont compliquées de diverses conditions, dont un infarctus du myocarde et une pneumonie», écrit dans son rapport le médecin légiste, concluant à un décès causé par un polytraumatisme contondant et ses complications.

Le procureur de la Couronne Me Jean-Simon Larouche et l’avocat de la défense, Me François Cauchon, ont présenté au juge une suggestion commune de 8 ans et demi de pénitencier.

Le juge Frank D’Amours a entériné la proposition, rappelant qu’il y avait une disproportion presque abyssale entre l’agresseur «dans la fleur de l’âge» et le septuagénaire, rendant Marcel Cauchon très vulnérable aux accès de colère de son fils. Ce dernier avait déjà huit antécédents criminels de nature violente à son dossier. 

Regrets

Avant de reprendre le chemin de la détention, où il lui reste à purger un peu moins de sept ans avec le calcul de la détention provisoire, Elveyn Cauchon a tenu à expliquer son geste au tribunal. 

L’homme de 44 ans a insisté à plusieurs reprises sur le fait qu’il aimait son père et qu’il avait fait le choix de quitter «la belle vie qu’il avait en Alberta» il y a quelques années pour revenir habiter avec lui.



Elveyn Cauchon


Tirée de la page Facebook Elveyn Cauchon

L’accusé a affirmé avoir été provoqué ce soir-là par son père, qui l’aurait frappé en premier selon sa version. Frustré et réclamant une «reconnaissance de dette» pour des sommes que lui devait son père, a-t-il dit, il a perdu le contrôle. Marcel Cauchon avait quant à lui dit aux enquêteurs avant sa mort que son fils se plaignait de manquer d’argent.

«Je regrette du plus profond de mon cœur. J’aurais juste dû m’en aller dans ma chambre. Je voudrais retourner en arrière et juste continuer de vivre comme on faisait. J’étais heureux», a confié l’homme, en larmes. 

«La peine la plus importante, vous en avez parlé vous-même, ce sera de vivre avec cette situation-là pour le restant de vos jours», lui a rappelé le juge D’Amours au moment de le condamner. 

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Écrivez-nous à l’adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.





Voir la source