Connaissez-vous le greenwashing ou l’écoblanchiment climatique? C’est lorsqu’une quelconque entité (entreprise, gouvernement) vous fait croire faussement que ses services, ses produits ou ses politiques ont des attributs bénéfiques sur l’environnement. En fait, c’est une technique de marketing utilisant l’écologie de manière trompeuse.  

Nous sommes dans le siècle du greenwashing. C’est devenu payant de se draper de mère Nature. On vous embobine avec des étiquettes du style: «fait avec du plastique recyclé», «carbone neutre», «écoresponsable», «vert», verbiage. Et vous achetez, parce que vous avez à cœur l’avenir de cette planète. 

En réalité, une bonne partie de ces étiquettes sont fausses. Certaines entités achètent des crédits carbone, plantent soi-disant des arbres, mais ne font rien de concret pour diminuer leur impact. En fait, ils achètent le droit de polluer. 

Dans ce marché de la bonne conscience, les pires sont ceux qui s’attribuent l’étiquette «zéro carbone» ou «zéro émission». Pourquoi? Parce que ça n’existe pas! 

Croyez-vous vraiment qu’un véhicule, fût-il électrique, ou tout autre produit peut porter cette étiquette de «zéro émission»? De la fabrication à l’utilisation jusqu’à la mise au rencart, il n’y a aucun véhicule dans ce monde qui n’a pas une empreinte carbone.

Alors, cette «appellation contrôlée», si je peux me permettre (mieux vaut en rire en cette période des Fêtes), est de l’écoblanchiment climatique. 

Véhicule dit zéro émission (VEZ)

Au Canada, donc au Québec, les VEZ se déclinent en trois types de véhicules: l’électrique à batterie (VEB) qui fonctionne seulement à l’électricité; ceux à pile à combustible qui roulent à l’hydrogène et les hybrides rechargeables (VHR). 

À la production, un VEZ génère plus de tonnes de CO2, soit le double, qu’un véhicule à essence, en grande partie à cause des batteries et des piles. En outre, leur fabrication nécessite plusieurs métaux, dont le lithium et le cobalt. Bien qu’une réflexion demeure quant à l’épuisement potentiel de ces ressources advenant une augmentation fulgurante de la production des VEZ, le recyclage demeure une solution. 

À l’usage, un véhicule électrique avec une petite batterie produit moins de GES que son homologue à essence. Reste que ce constat est valable seulement pour les provinces et les pays où l’hydroélectricité est la source d’énergie. L’analyse est tout autre pour ceux qui fonctionne au nucléaire et au charbon. 

Tout cela pour dire… de grâce, arrêtez de nous prendre pour des valises! 

Appelons un chat, un chat

Alors que nos gouvernements utilisent le terme «zéro émission», l’ONU préfère celui de «zéro émission nette» pour définir un OBJECTIF de réduction des GES «à un niveau aussi proche que possible de zéro». 

Il y a, tout de même, une différence entre dire que l’on veut atteindre un objectif proche de zéro et attribuer à des produits, à savoir le véhicule électrique, à hydrogène ou hybride, un nom (VEZ), voire une essence (sourire) «zéro émission». 

Il existe différentes techniques de greenwashing, la fausse étiquette en est une. 





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